Les premières navettes autonomes en circulation dans les rues de Louvain

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Après une intense préparation de quatre mois, les navettes de WeRide sont prêtes à transporter des passagers à travers Louvain en toute autonomie.

Après une période d’essai de quatre mois, De Lijn a mis deux navettes autonomes en circulation. Depuis le 22 janvier, elles transportent des passagers sur la nouvelle ligne 16, entre les gares de Louvain et de Heverlee. Les véhicules circulent en toute autonomie et sans encombre à travers un centre-ville qui grouille de cyclistes et piétons.

La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, a déclaré que grâce à ce projet, la Flandre et De Lijn étaient devenus des pionniers en Europe. « C'est la première fois que cette technologie est utilisée dans des conditions de circulation très dense. En outre, il s’agit d'un projet pilote lancé en concertation avec les autres régions et le gouvernement fédéral. Nous cherchons à déterminer dans quelle mesure nous sommes prêts à utiliser des véhicules autonomes sur nos routes. Bien qu’un chauffeur-steward soit encore assis au poste de pilotage, celui-ci prendra bientôt place à l’arrière et, à terme, la navette circulera en toute autonomie. Le transport autonome va jouer un rôle important dans les transports publics. C’est pourquoi nous avons également décidé, au sein du conseil d’administration de De Lijn, de lancer un nouvel appel d’offres pour un projet supplémentaire ». Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, a également déclaré que la Belgique voulait s’imposer en tant que leader européen des transports publics autonomes. « Dans cette optique, j’ai demandé un rapport à Vias sur tous les projets menés dans notre pays, afin de pouvoir tirer des leçons de ces expériences et de les intégrer dans une nouvelle législation d’ici 2029 ».

Notez comment, après environ une minute, la navette dévie légèrement vers la gauche pour « voir » si un véhicule arrive en sens inverse, car la voie est bloquée par un taxi.

Stress test parmi les cyclistes et les piétons

Le bourgmestre de Louvain, Mohamed Ridouani, n’a pas hésité à qualifier le projet de « véritable stress test » pour le transport autonome en bus. « Louvain est une ville compacte avec de nombreux cyclistes et piétons et une forte affluence autour de la gare. J’espère en tout cas qu’il y aura une suite structurelle au projet pilote ».

Ann Schoubs, directrice générale de De Lijn, est aussi d’avis que la circulation de navettes autonomes à Louvain est un sujet complexe. « À la suite de précédents projets réalisés sur circuits fermés à Brussels Airport et au Terhills Resort, à Eisden-Lanklaar, nous avons délibérément choisi d’effectuer ce test pratique sur la voie publique à Louvain. C’est une ville estudiantine qui compte de nombreux piétons et cyclistes. Plusieurs bâtiments appartenant à de hautes écoles et à l’université se trouvent entre les gares de Louvain et de Heverlee. Après les cours, des centaines de piétons et de cyclistes se retrouvent en rue et la navette autonome doit donc en tenir compte ».

La navette est « courtoise » et laisse les autres véhicules passer avant de s’engager elle-même dans une rue.

Une préparation intense

« En quelques mois, entre septembre et janvier, notre groupe de projet « mobilité autonome » est parvenu à mettre en place cette ligne dans un trafic urbain dense. En raison de l’évolution rapide des algorithmes, la percée du transport autonome est imminente. Avec ce projet, nous voulons êtes préparés à la transition qui s’annonce d’ici 5 à 10 ans », ajoute Ann Schoubs. Le porte-parole de De Lijn, Jens Van Herp, précise que les préparatifs ont été très intenses. « D’une part, nous avons dû former huit chauffeurs-stewards pour « rouler » avec les véhicules autonomes et intervenir au besoin. D’autre part, ceux-ci ont parcouru plus de 7.000 km en quatre mois, à maximum 38 km/h, pour entraîner l’algorithme. Après que les ingénieurs de WeRide ont programmé le logiciel, les chauffeurs ont fait découvrir le trajet aux navettes à l’aide des technologies de caméra, de radar et de LiDAR présentes. Grâce à cette préparation et à un nombre suffisant de kilomètres d’essai parcourus, les passagers peuvent désormais monter à bord ».

Jens Van Herp explique comment les navettes autonomes anticipent davantage qu'un chauffeur de bus. (vidéo en néerlandais)

Prudence et anticipation

En comparaison avec les premières navettes autonomes, testées il y a environ sept ans à Brussels Airport, la technologie a été considérablement affinée, comme l’a prouvé le trajet d’essai entre Heverlee et la gare de Louvain. La navette roule sans encombre et suit le flux de la circulation. Les passagers n’ont pas besoin d’appuyer sur un bouton pour descendre, car la navette s’arrête automatiquement à chaque arrêt. À première vue, la navette semble plutôt sûre, car les caméras et capteurs scrutent en permanence son environnement. Alors qu’un chauffeur ne peut regarder que dans une seule direction à la fois, les caméras détectent tout ce qui se trouve dans leur champ de vision : du vélo cargo qui arrive à gauche depuis une rue secondaire, à la voiture prioritaire venant de droite, en passant par le cycliste qui dépasse la navette par la gauche, et le piéton se déplaçant avec un déambulateur ou une canne et qui décide soudainement de traverser la rue. En cas de danger imprévu, la navette s’arrête quelque peu abruptement. C’est aussi la raison pour laquelle les huit passagers doivent obligatoirement attacher leur ceinture de sécurité. Les véhicules anticipent clairement et agissent proactivement pour éviter tout type d’accident de circulation. Plutôt que de frôler un véhicule arrivant en sens inverse, la navette attend un peu sur le côté afin de le laisser passer. Le « robobus » se comporte donc comme un usager de la route modèle et n’a eu que deux presqu'accidents au cours des quatre premiers mois.

Aucune crainte pour un grand groupe d’étudiants à vélo, dont la navette s’approche prudemment.

Les deux navettes autonomes de WeRide circulent désormais entre les gares de Louvain et de Heverlee.

L’écran montre « l’activité » dans le champ de vision de la navette et les possibles risques.

Assis au poste de pilotage, le chauffeur-steward suit sur un écran les images recueillies par les caméras et les capteurs.

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