Franky Defays fête les 30 ans de Mouving Cars

« Avec passion et audace, on va loin »

ENTREPRENEURIAT

À 16 ans, Frankie Defays (54) quitte l’école pour travailler dans un garage de poids lourds et d’autocars. En 1996, il fonde à Philippeville Cars Franky & Mouving Cars, deux entreprises d’autocars. Quelques années plus tard Cars Franky disparaitra mais Mouving Cars lui continue et cela depuis trente ans. Trente ans plus tard, Franky est fier de ce qu’il a construit à partir de rien. « Voir passer un car portant le nom de mon entreprise, cela me fait toujours quelque chose. » L’histoire de Franky est une histoire de passion, d’audace et de persévérance.

L’intérêt pour les autocars est-il né très tôt ?

« Mon père était chauffeur d’autocar. Je voulais faire la même chose, car j’étais vraiment passionné par les autocars. Je connaissais toutes les marques, les modèles, chaque nouveau gadget. Enfant, j’allais le mercredi après-midi à la bibliothèque de Philippeville pour y consulter les guides de voyage et les guides touristiques. Je traçais des itinéraires et des promenades en ville avec des explications sur les curiosités. Je tenais des fiches à ce sujet. Je les ai encore toutes dans un tiroir. Il m’arrive encore de les ressortir pour préparer un voyage. »

« Je trouvais l'idée fantastique : un car avec son propre nom dessus. J'en rêvais aussi ! »

Franky Defays

Pourquoi avoir arrêté l’école à 16 ans ?

« Ça n’allait pas assez vite pour moi. Je suis allé travailler dans un garage. J’y ai beaucoup appris sur la technique et la mécanique d’un autocar. J’ai aussi acquis de l’expérience en carrosserie. Aujourd’hui, cela me sert énormément, car j’assure moi-même certains entretiens sur les autocars. En 1992, quand j’ai eu 21 ans, j’ai enfin pu conduire un autocar. J’ai roulé pour Les Cars Godefroid à Ciney. Lors d’une discussion avec le patron il me dis : « mais pourquoi ne pas acheter ton propre véhicule ? » C’était incroyable : un autocar avec mon propre nom dessus. J’en rêvais aussi ! Je suis alors allé à la banque pour un prêt et j’ai acheté mon premier bus, un Van Hool Acron. Mon père n’était pas d’accord, mais cela ne m’a pas empêché d’être extrêmement fier. »

Quand avez-vous fondé votre propre entreprise d’autocars ?

« J’ai d’abord roulé plusieurs années en sous-traitance pour d’autres. Best Tours, notamment. Je faisais les navettes d’été vers l’Espagne et celles d’hiver vers les stations de ski. Quand Best Tours a fait faillite en 2010, j’ai dû faire un choix. J’ai alors repris deux Megaliners et j’ai commencé à assurer les transports pour mon propre compte. C’était audacieux, mais j’ai toujours suivi ma passion. Ensuite, j’ai commencé à organiser mes propres voyages. De deux voyages par an, nous sommes passés à une agence qui publie aujourd’hui deux brochures annuelles. Ce sont tous des voyages que nous concevons et réalisons nous-mêmes. Ma femme Elodie s’occupe des réservations. Moi, je suis responsable des autocars. »

Vos voyages en autocar se remplissent-ils facilement ?

« Je ne peux pas me plaindre. Nous avons un public fidèle et varié, âgé de 35 à 85 ans. Notre atout, c’est la proximité avec nos clients. Je veux être un entrepreneur familial. Tout le monde doit se sentir bienvenu et important. Nous avons beaucoup de clients individuels, des familles et des groupes, mais je vois chaque année le nombre de personnes seules augmenter. Elles ne connaissent personne en montant dans le car, mais j’essaie de créer un groupe soudé au fil du voyage. Je pratique aussi des prix attractifs. Le client autocariste y est sensible. Cela n’est possible que si l’on vend un volume suffisant. Je propose un système d’acomptes pour étaler les coûts. De plus en plus de gens découvrent qu’un voyage en autocar revient moins cher qu’un voyage en avion ou en voiture. Je suis optimiste pour l’avenir. »

« J’essaie de trouver une solution qui convienne à tout le monde et d’organiser au mieux le tout. »

Guy De Schepper

Selon vous, quel est le plus grand atout de Mouving Cars ?

« Chaque client a des attentes différentes. J’essaie d’y répondre. Certaines personnes âgées n’osent pas explorer une ville seule. Nous les accompagnons alors personnellement. Une mère célibataire avec deux enfants n’a pas les mêmes besoins qu’un couple de seniors. Je cherche la solution la plus adaptée pour chacun et j’essaie d’organiser un maximum de choses. C’est un service personnalisé que les grandes entreprises d’autocars ne peuvent pas offrir. Cela me permet d’avoir un public fidèle qui revient volontiers. Ce qui signifie aussi qu’il faut renouveler son programme pour continuer à surprendre. Chaque année, nous proposons donc au moins un nouveau voyage. »

Comment voyez-vous l’avenir de Mouving Cars ?

« J’aimerais encore grandir, mais ce n’est pas possible : je ne trouve pas de chauffeurs. Je suis exigeant, car chez Mouving Cars, un chauffeur ne doit pas seulement conduire. Il est aussi un point de contact, parfois un guide, celui qui résout les problèmes et qui doit bien sentir le groupe. Je n’ai pas le temps de former des gens. Le résultat, c’est que je devrai probablement vendre des autocars plutôt que d’en acheter de nouveaux. C’est dommage. Mais moi, je continuerai toujours à conduire. Même si je ne garde qu’un seul autocar, personne ne pourra m’enlever ma fierté. Depuis mes 16 ans, j’ai suivi ma passion. Ma plus grande fierté, est de m’être fait seul et de m’être fait une place dans le monde des autocaristes.»

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