
Les efforts pour réduire la pénurie de chauffeurs portent leurs fruits
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Les efforts pour réduire la pénurie de chauffeurs portent leurs fruits
Jurgen Deconijnck a appris à Sergey Balev à conduire un bus en 20 heures.
Le secteur belge des bus et des autocars progresse dans la lutte contre la pénurie de chauffeurs. En 2024, le secteur cherchait encore 900 chauffeurs. Cette année, ce chiffre est descendu à 300.
Une étude de l'Institut pour l’autoCar & l’autoBus (ICB) révèle que la pénurie de chauffeurs a diminué de moitié par rapport à 2025 et a même reculé de deux tiers par rapport à 2024. En 2024, 900 chauffeurs étaient encore recherchés, contre 530 en 2025 et plus que 300 en 2026. De plus, la proportion d'exploitants de bus à la recherche de chauffeurs est passée de 60 % à 40 % en un an.
« Plusieurs mesures politiques, dont la levée du plafond de formation à la conduite pour les exploitants de bus, la limitation du chômage dans le temps et le succès des flexi-jobs, y ont certainement contribué », déclare Pieter Van Bastelaere, CEO de la FBAA.

Flexi-jobs et différents trajets de formation
« Grâce au système de flexi-jobs, plus de 4.000 personnes se sont inscrites en tant que candidats-chauffeurs de bus. En Wallonie, le plafond limitant la formation à un seul candidat-chauffeur par accompagnateur interne et par an a déjà été levé et les entreprises peuvent en former plusieurs par an. »
« En outre, la limitation dans le temps des allocations de chômage a également favorisé un nouvel afflux de candidats depuis le début de cette année. Par ailleurs, le renforcement de la collaboration entre le secteur des bus et le VDAB, le Forem et Bruxelles Formation contribue également à cette évolution, tout comme le développement des formations de chauffeur dans l'enseignement secondaire, les CVO et les établissements de promotion sociale. »
Néanmoins, quelque 300 places sont encore disponibles. Il est possible de les consulter et de s'inscrire sur BEChauffeur.be.

Sergey Balev (gauche) avec son instructeur Jurgen Deconijnck (milieu) et son collègue Marc Blieck (droite) à côté du véhicule de formation.
500 chauffeurs formés par la Keolis Drivers Academy
Parmi les 235 chauffeurs de bus ayant obtenu leur permis de conduire D lors de l’année écoulée dans le cadre d'un trajet soutenu par le Fonds social de la FBAA, environ 100 ont été formés par la Keolis Drivers Academy, le premier exploitant de bus en Belgique à posséder sa propre auto-école agréée. Depuis sa création en 2019, suivie de l’obtention de son agrément officiel en tant qu’auto-école en 2023, 500 chauffeurs y ont déjà décroché leur permis de conduire D.
Sergey Balev (22), habitant de Lochristi et chauffeur chez Keolis Heyerick à Zulte, est devenu, début août, le 500e candidat formé par la Keolis Drivers Academy. Il roule désormais pour un centre de jour accueillant des personnes en situation de handicap et pour des entreprises de la région de Gand.
Un rêve devenu réalité
Auparavant, Sergey Balev roulait avec un petit camion, mais avait toujours rêvé d'être au volant d'un plus gros véhicule. « Lorsque j’ai vu une publicité de Keolis pour une formation de conduite gratuite, j’ai pris contact. Après un mois et demi de préparation, j’ai passé mon examen théorique. Ensuite, Keolis m’a offert 20 heures de cours de conduite, dépassant ainsi largement les 8 heures obligatoires. J’ai pris la route assez rapidement avec mon instructeur Jurgen Deconijnck. Il fait ça bien ».
Et le plaisir est partagé. « Sergey possède l’amour du métier et la motivation pour réussir en tant que candidat-chauffeur de bus. Pour beaucoup de chauffeurs débutants, il faut un peu de temps pour s’habituer au déport arrière d’environ 80 à 100 cm et à la partie devant l’essieu lorsque vous voulez bifurquer. Vous devez surtout garder un œil sur les rétroviseurs, afin de scanner l’environnement lorsque vous voulez manœuvrer.
La pénurie de chauffeurs est la plus marquée dans la province d'Anvers et la plus faible dans le Brabant wallon
Parmi les 300 postes à pourvoir, presque un quart (23 %) se trouve dans la province d’Anvers. Le Hainaut arrive deuxième (17 %), suivi par la Flandre-Orientale (14 %) et Liège (10%). La pénurie est très limitée au Limbourg (5 %), en Flandre-Occidentale (5 %), à Namur (4 %) et dans le Brabant flamand (3 %). Le Brabant wallon ferme la marche avec 2 %.
Contrairement à la pénurie de chauffeurs, celle des mécaniciens recule plus modestement : les entreprises de bus et d’autocars recherchent aujourd'hui encore 105 mécaniciens, contre 155 l'an dernier. Ce métier reste en pénurie, car les travailleurs doivent disposer d’une certification de sécurité pour pouvoir travailler sur des moteurs électriques.



Un bus urbain Man Lion’s City a été converti en véhicule de formation par la Keolis Drivers Academy.
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