Autocars Bourdon : la nouvelle génération est prête

« Dans une entreprise familiale, tout tourne autour des personnes »

ENTREPRENEURIAT

Au cœur de la province de Namur, à la lisière du village de Mariembourg, se trouve le site d’Autocars Bourdon. En 1999, Géry Bourdon fonde l’entreprise. L’année prochaine, ses fils Julien et Adrien reprendront définitivement les rênes du groupe familial. Autocars Bourdon prouve qu’une entreprise d’autocars familiale peut parfaitement trouver sa place dans la mobilité actuelle, même dans une région peu peuplée. « Nous n’avons jamais envisagé de déménager. »

Autocars Bourdon voit le jour en 1999. Géry Bourdon (62 ans) reprend alors Autocars Lebon. Une décision mûrement réfléchie. « Je conduisais déjà des services scolaires pour Lebon en tant qu’activité complémentaire. J’étais militaire de carrière, mais lorsque Lebon a cessé ses activités, j’ai vu l’occasion de me lancer comme indépendant à temps plein et de reprendre l’entreprise. » Autocars Bourdon a pu s’appuyer sur la réputation d’Autocars Lebon. Mais du sang neuf et de nouvelles idées ont permis une croissance régulière. « J’ai immédiatement investi dans du nouveau matériel. Et je voulais développer davantage le tourisme, en plus des services scolaires. » Ainsi, Autocars Bourdon a grandi jusqu’à atteindre une flotte de plus de trente véhicules.

Géry (62)

Adrien (30)

Julien (34)

Prêt pour tout transport de personnes

À l’époque, deux jeunes garçons couraient dans la maison familiale à Mariembourg. Aujourd’hui, Adrien (30 ans) et Julien (34 ans) travaillent tous deux dans l’entreprise. « Nous avons tous les deux commencé comme chauffeurs », explique Adrien. « Mais après avoir obtenu mon bachelier en comptabilité, j’ai également été intégré à l’administration. Je n’ai jamais ressenti de pression pour rejoindre l’entreprise de mon père. J’en avais simplement envie. »

Adrien conduit encore principalement aujourd’hui. « J’ai une passion pour les véhicules. Conduire un autocar est ce que je préfère ici. Aujourd’hui, nous avons 30 véhicules : 15 de petits bus pour le transport scolaire, deux taxis pour le transport de luxe et des autocars pour le tourisme. De cette manière, nous avons diversifié nos activités. En principe, nous pouvons assurer tout type de transport de personnes. »

Innover avec un hélicoptère

En 2019, la diversification est devenue totale lorsque Bourdon a acheté un hélicoptère. « Je possède un brevet de pilote d’hélicoptère », explique . « Nous voulions réellement utiliser l’hélicoptère pour le transport de personnes. Mais puis est arrivé le COVID. Nous avons dû mettre l’idée de côté. Il y avait trop de travail avec les services de remplacement en bus, alors que les voyages étaient limités.

L’hélicoptère a ensuite surtout servi à la formation de pilotes ou à la photographie aérienne. Finalement, nous l’avons vendu récemment. Il ne correspondait plus à nos projets d’avenir. Mais ce fut un exercice intéressant et instructif. Aujourd’hui, il faut continuer à innover. Il faut oser explorer de nouvelles pistes. »

Assez de travail pour tout le monde

Bien que Bourdon dispose d’une flotte complète, les dirigeants ont une vision claire du type d’entreprise qu’ils veulent être. Géry : « En Wallonie, nous avons plusieurs entreprises familiales qui jouissent d’une bonne réputation. Je ne veux pas concurrencer inutilement mes collègues. L’organisation de voyages en autocar de plusieurs jours ne sont pas notre spécialité, par exemple.

Mais à quinze kilomètres d’ici, à Philippeville, il y a Mouving Cars, qui ont une grande offre dans ce domaine. Toussaint, à Beauraing, possède des double-étages, ce qui n’est pas notre cas. Si un groupe est trop grand pour nous, je les envoie chez eux. Avec Deblire à Godinne, nous travaillons de manière similaire. Je veux pouvoir saluer tous mes collègues. Il y a de la place pour tout le monde. »

La qualité d’abord

Chez Autocars Bourdon, la qualité s’écrit avec un grand Q. Adrien explique : « Un autocar de soixante places n’en compte que cinquante-quatre chez nous. Nous avons notre propre car-wash et un mécanicien attitré. Tout le matériel est entretenu de manière impeccable. La qualité passe avant la quantité. C’est pourquoi nous refusons, par exemple, les supporters de football. » L’avenir sera différent à partir de l’année prochaine. Géry prendra sa retraite et les deux fils Bourdon dirigeront l’entreprise familiale. « Mais n’attendez pas de révolution. Nous vivons une période incertaine.

Qui sait à quoi ressemblera le monde dans cinq ans ? Nous savons que nous ne pourrons pas développer l’électrification future sur notre site actuel. Cela ne demande pas d’action immédiate, mais il faut suivre cela de près. Tout comme la pénurie de chauffeurs. Cela peut avoir un impact énorme sur nos activités. Aujourd’hui, nous parvenons à recruter suffisamment de chauffeurs, surtout grâce à la collaboration avec le Fonds Social et au système des flexi-jobs », souligne Julien.

Le succes, c’est l’humain

Mais avant tout, Autocars Bourdon veut rester l’entreprise familiale qu’elle est depuis près de trente ans. « Nous avons un lien fort, presque familial, avec toutes les personnes qui travaillent ici », insiste Géry. « Je suis ici chaque jour à 6 heures du matin. Ainsi, je peux saluer tout le monde qui arrive au cours de la matinée. Au final, tout tourne autour des personnes. Du mécanicien à la femme de ménage en passant par tous les chauffeurs : ce sont eux qui déterminent le succès d’Autocars Bourdon. »

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