
Réception de Printemps de la FBAA
Bus autonomes : une opportunité pour les transports publics
SECTEUR
Les responsables politiques et les sociétés de transport public reconnaissent l’importance des bus autonomes et estiment qu'ils favorisent le maintien et le développement des transports publics dans les régions rurales. Néanmoins, les premières initiatives réellement opérationnelles arriveront au plus tôt en 2030, voire plus tard.
Selon Koen Schietecatte (De Lijn), les bus autonomes offrent la possibilité de développer davantage les transports en commun à une époque où les gens se déplacent plus souvent et sur de plus longues distances. « Le projet à Louvain permet de préparer leur introduction, de tirer des leçons des expériences sur le terrain et de montrer ce dont la technologie est déjà capable.
« Je pense que nous allons mettre en place des projets pilotes pendant encore au moins 5 ans. Ensuite, nous aurons encore besoin d’au moins 10 ans pour concrétiser la transition vers les bus autonomes », déclare Koen Schietecatte. « En outre, nous devons former des chauffeurs et des stewards pour qu'ils puissent rouler avec ces véhicules et, à plus long terme, les piloter à distance. Nous devons aussi penser aux équipes de première ligne qui doivent pouvoir être sur place en 5 à 10 minutes en cas d’accident avec un véhicule autonome sans steward. J’estime que nous aurons encore besoin de chauffeurs pendant longtemps, même si nous devons nous attendre à un taux de départ annuel de 10 à 15 % ».

Koen Schietecatte, De Lijn
300 bus autonomes d'ici 2030
« Nous avons également un objectif stratégique », ajoute Christophe Leurident(LETEC). « Dans les régions rurales et en périphérie des villes, nous devons proposer aux clients potentiels un produit qui intègre la technologie pour un transport à la demande. Ce n’est que de cette manière que nous persuaderons les usagers à passer d’un mode de transport individuel, avec leur propre voiture autonome ou non, à un mode de transport collectif. À travers ce projet, nous espérons pouvoir mettre en service une centaine de véhicules avec un steward dans les 4 prochaines années. Grâce à un coût par kilomètre plus faible que lorsqu'un chauffeur est nécessaire, nous estimons que 300 véhicules autonomes pourront circuler dans les régions rurales en 2030. Ainsi, nous voulons en premier lieu élargir l'offre de transport public. Malheureusement, la technologie n’est pas encore adaptée aux bus standard et articulés.

Annick De Ridder, ministre flamande de la Mobilité
Projets pilotes dans les provinces flamandes
La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, a reconnu que la Flandre était quelque peu en retard par rapport à l’étranger en ce qui concerne le transport autonome. « Le transport autonome est une révolution dans les transports publics. Lorsqu'on s'intéresse aux projets américains ou chinois, on observe que le transport est beaucoup plus sûr avec des véhicules autonomes, car 95 % des accidents sont causés par l’une ou l’autre erreur humaine. Il revient donc aux pouvoirs publics de faciliter l’introduction des véhicules autonomes, même si ces mêmes autorités sont encore trop lentes en la matière. Nous devons soutenir le secteur privé dans cette initiative et préparer un cadre législatif avec le gouvernement fédéral. À partir de 2028, je souhaite lancer, dans chaque province flamande, plusieurs projets pilotes autour du transport autonome dans les villes, les régions rurales ou les ports, tant pour le transport de personnes que de marchandises. En Flandre, nous devons développer un réseau rural complexe avec le même budget et parcourir/couvrant davantage de kilomètres. Dans ce contexte, les véhicules autonomes apportent/constituent une solution intéressante, notamment parce qu’ils peuvent aussi pallier la pénurie de personnel ».

François Desquesnes, ministre wallon de la mobilité
Wallonie : des transports publics en régions rurales avec les robotaxis
Pour François Desquesnes, ministre wallon de la Mobilité, le projet à Louvain confirme le fait que les véhicules autonomes sont prêts à radicalement changer notre mobilité. « Les entreprises de transport public doivent assumer leur rôle dans ce projet et faire concurrence aux fournisseurs de « robotaxis » afin d’éviter que ceux-ci ne prennent la place des bus et des trams. Dans les régions rurales, où un bus pouvant transporter jusqu'à 40 personnes n’est pas optimal, les robotaxis peuvent offrir un meilleur service en transportant des passagers depuis et vers les pôles multimodaux des transports publics. Pour mettre en place des projets pilotes en la matière, LETEC., De Lijn et la STIB doivent davantage collaborer et envisager des partenariats en dehors des frontières régionales et nationales. »

Christophe Leurident (LETEC.)
Collaborer avec les exploitants
LETEC. et De Lijn laissent déjà entendre que la transition vers les bus autonomes pourrait se faire en collaboration avec des exploitants privés.
Christophe Leurident affirme que le déploiement de véhicules autonomes redessinera les contours de l’exploitation des transports publics par LETEC. « En ce qui concerne les services de bus, certaines activités seront gérées en interne, tandis que d’autres seront sous-traitées, comme c’est déjà le cas, en fonction de certains facteurs comme l’emplacement des dépôts. La situation est un peu différente pour les véhicules autonomes. La gestion des chauffeurs sera limitée au profit de la gestion du réseau, une fonction qui reste généralement du ressort de l’autorité de transport. La répartition de la charge de travail entre les sous-traitants et l’autorité de transport restera un point d’attention important dans les futurs contrats de transport public ».
Koen Schietecatte indique que De Lijn continuera de faire appel à des sous-traitants pour les lignes fixes et l’offre à la demande. « Il reste essentiel de disposer du savoir-faire nécessaire dans un marché complexe qui évolue rapidement, tant au niveau financier et technologique qu’au niveau du réseau. »
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