
Réception de Printemps de la FBAA
Bus autonomes : quel progrès pour les exploitants ?
SECTEUR
« Nous croyons en une technologie pour les bus autonomes qui puisse renforcer le secteur et offrir une solution dans des régions faiblement peuplées, mais ne pouvons rester aveugles aux risques que cela représente. Le progrès n'en est un que si les exploitants et leur personnel s’en trouvent renforcés et non pas affaiblis », affirme Pieter Thys, président de FCBO et responsable sectoriel « transport » pour l’ACV-CSC.
« Une nouvelle technologie crée de nouveaux emplois, mais pas toujours pour tous. En effet, tout chauffeur n'est pas en mesure de devenir opérateur à distance d'un claquement de doigts. Tout le monde ne dispose pas des connaissances techniques nécessaires pour manier des capteurs et des systèmes d’IA. Et nous ne sommes sans doute pas tous capables de supporter la charge mentale que représente la surveillance de plusieurs véhicules en simultané. La formation, l’accompagnement et le temps sont nécessaires pour permettre aux gens d'évoluer ».

« Les véhicules autonomes sont des centres de données mobiles qui collectent des données de localisation, des images de caméra et parfois même des données biométriques. Quelles sont les données collectées ? »
Pieter Thys, président de la FCBO et responsable du secteur « Transport » chez ACV-CSC
La protection des données, un aspect crucial
Pour Pieter Thys, la protection des données est un élément important souvent oublié. « Les véhicules autonomes sont des centres de données mobiles qui collectent des données de localisation, des images de caméra et parfois même des données biométriques. Quelles sont les données collectées ? Qui en assure la gestion ? Comment protège-t-on les données d'une utilisation abusive par des partenaires technologiques externes ? La protection des données est une condition nécessaire à l’instauration d'un climat de confiance. Les systèmes autonomes étant développés par de grandes entreprises technologiques internationales, nous plaidons en faveur d'un développement technologique local ou européen assorti de normes ouvertes, reposant sur un partenariat public-privé et sur des algorithmes contrôlables. Nous devons garder le contrôle et conserver notre indépendance. »
Ne pas sous-estimer les risques d’agressions, de vandalisme et l’insécurité
Dans cette optique, Pieter Thys plaide pour le maintien d'un aspect humain. « Nous ne devons pas sous-estimer les risques d’agression et l'insécurité, en l'absence d’un chauffeur. Le chauffeur est bien plus qu’un conducteur, c'est une figure d'autorité, un médiateur qui donne l'alerte en cas de comportement dangereux. Nous savons qu’en l’absence de surveillance, l’agression et le vandalisme ne font qu’augmenter. Pour les voyageurs vulnérables - personnes âgées, jeunes, femmes qui voyagent tard en soirée - le chauffeur représente souvent une forme de sécurité. Son absence freine davantage la volonté d’emprunter ce moyen de transport. La surveillance à distance ne se substitue pas totalement à une présence en chair et en os. Les caméras ne préviennent pas les agressions, ne calment personne et ne sont pas capables d'intervenir. Pour nous, la sécurité est une condition essentielle au bon fonctionnement de ce système. Pas de véhicules autonomes sans procédures d'urgence claires, sans interventions humaines ni concertation sur les mesures de sécurité à prévoir. »
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