En Grande-Bretagne à l’heure des contrôles du Brexit et du coronavirus : l’expérience d’un chauffeur

« S’il était autrefois agréable de traverser la Manche, depuis le 1er octobre, c’est une source d’inquiétude et de stress », témoigne Daniël Mullers, qui fut l’un des premiers chauffeurs belges d’autocar à traverser la Manche depuis le Brexit.

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Des contrôles renforcés en Grande-Bretagne

« En tant que Flixbus, nous avons été raisonnablement contrôlés. Cela prenait parfois un peu plus de temps en raison de problèmes liés aux documents d’identité ou aux bagages, mais tout s’est relativement bien passé. C’est aussi dû au fait que nous passons par un checkpoint avant de prendre l’Eurotunnel ou le ferry et que comme chauffeur, nous sommes donc rassurés quant au fait qu’il n’y a pas de clandestins à bord et qu’aucun problème de bagages ne se posera », explique Daniël Mullers, chauffeur chez Staf Cars.

« Maintenant, vous pouvez vous réjouir si vous avez moins de 6 heures de retard. Tous les contrôles ont été renforcés. Les policiers et douaniers français travaillent comme avant, mais les Britanniques vérifient davantage l’authenticité des passeports, ce que nous ne pouvons pas faire. Parfois, ils retirent une famille du bus lorsque les enfants figurent sur le passeport de leurs parents et n’ont pas leur propre passeport, mais d’autres fois, ils autorisent cette pratique jusqu’à l’âge de quatre ans. Étant donné que nous transportons des passagers internationaux, il y a des passeports et des documents relatifs au coronavirus de différents pays, avec des directives différentes. Bien qu’un accord ait été conclu avec les Britanniques prévoyant que nous pouvons reprendre la route après une demi-heure lorsqu’il y a des contrôles individuels, le passeport du chauffeur est saisi jusqu’à la fin des contrôles ».

Attention aux documents PLF et aux tests PCR

En partant de Calais, les tickets d’embarquement sont remis après le contrôle douanier et les documents PLF sont contrôlés. « Lorsque les passagers y ont indiqué qu’ils voyagent avec Flixbus vers Londres, ces documents sont déclarés non valables parce qu’ils doivent mentionner P&O Ferries comme transporteur et Douvres comme lieu d’arrivée. Cela nous oblige à demander et à remplir à nouveau tous les documents, ce qui peut facilement entraîner un retard de trois à quatre heures, en fonction du préposé et du fait qu’il accepte ou non les corrections ajoutées après l’enregistrement en ligne ».

« À l’arrivée à Douvres, de nouveaux problèmes surgissent parfois parce qu’en raison du retard subi, les tests PCR ont plus de 24h ou 48h », poursuit Daniël Mullers. « Lorsque nous arrivons à Londres, nous pouvons nous rendre à un hôtel pour nous reposer 9 heures. Avec mon collègue chauffeur, je m’arrange alors pour prendre notre temps de repos obligatoire dans le bus, afin de ne pas augmenter notre temps de conduite et de devoir repartir avec encore plus de retard le lendemain ».

Tout le monde vacciné et des listes de passagers à retaper

« Jusqu’au 22 octobre, je n’ai pu effectuer que quatre fois les trajets tels que prévus dans l’horaire. Tout le monde avait une preuve de vaccination ou était en mesure de présenter un test PCR valable et les bons documents, de telle sorte que les contrôles PCR se sont déroulés rapidement. Avec mon collègue, je fais tout ce que je peux pour que les documents PLF des passagers soient en règle. Nous les en informons aux haltes, vérifions les documents et les remplissons à nouveau lorsqu’ils comportent des erreurs. Comme de nombreux voyageurs ne parlent pas anglais, nous leur demandons de s’entraider. Cela marche très bien et permet de gagner du temps aux contrôles frontaliers. Grâce à cela, nous pouvons effectuer la traversée comme prévu. Nous retapons les listes de passagers manuscrites et les imprimons proprement. En tant que chauffeur régulier, je connais déjà un peu les contrôleurs, qui me connaissent aussi. Cela rend parfois les choses plus fluides. Bien sûr, ils doivent faire leurs contrôles et il est toujours possible de subir un contrôle aléatoire ».

Les chiens renifleurs cherchent de la nourriture

« Récemment, alors que nous avions déjà été contrôlés de manière approfondie à Calais, nous avons subi un contrôle de ce type à l’arrivée à Douvres. Tout le monde et tous les bagages ont dû descendre du véhicule », raconte Daniël Mullers. « Tous les compartiments et placards ont été ouverts, les panneaux ont été dévissés et même les lavabos des toilettes ont été démontés. Des chiens renifleurs sont venus pour chercher de la nourriture dans les bagages. Si vous demandez aux services de contrôle ce qu’ils font, ils restent très mystérieux à ce sujet. J’ai déjà vu trois fois le car ainsi retourné de fond en comble ».

Les chauffeurs forment une seule équipe

« Pour nous, en tant que chauffeurs, il est très important de pouvoir compter sur le soutien de notre employeur Staf Cars. Il s’occupe de l’encadrement nécessaire, avant et pendant les trajets », conclut Daniël Mullers. « Son objectif, c’est que les deux chauffeurs forment une équipe qui s’entend bien. Cela permet de gagner du temps et d’effectuer un voyage agréable ».