Un ancien coureur cycliste professionnel devient chauffeur de bus

Durant des années, Peter Farazijn a occupé la tête du peloton international. Au terme de sa carrière sportive, il a décidé de prendre place au volant d’un bus de ligne. Cet été, ce natif de Flandre Occidentale, âgé aujourd’hui de 52 ans, sillonnera les routes à bord du KOERSbus, une exposition itinérante sur le championnat du monde de cyclisme sur route.

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Sur les traces de son père

« Je n’ai jamais considéré mon activité de coureur cycliste comme un travail », explique Peter Farazijn. « Le cyclisme m'a toujours conduit à parcourir des routes différentes.» Mais un jour, cette carrière sportive pleine d'aventures se termine, laissant place, pour de nombreux sportifs, au « trou noir » qu'ils craignent tant. Ce ne fut pas le cas pour Peter Farazijn, qui a directement opté pour une reconversion comme chauffeur de poids lourd : « Des contacts au sein du monde du cyclisme m'ont permis d’intégrer une entreprise spécialisée dans les matières premières pour les boulangeries. »

Après avoir travaillé un an et demi comme chauffeur de poids lourd, Peter Farazijn a fait ses premiers pas comme chauffeur d'autobus. Une décision mûrement réfléchie : « Mon père et mon oncle ont travaillé toute leur vie pour De Lijn. Enfant, je n'ai rien connu d'autre et je me rappelle avoir pu accompagner de temps en temps mon père à bord de son autobus. Ces belles expériences m'ont conduit à poser ma candidature chez De Lijn. Mais avant même d'avoir pu entamer ma formation, j’ai eu connaissance d’une place vacante, ici à Dixmude, chez un exploitant d'autobus. Je n’ai pas hésité à m’engager sur cette voie. »

Un sentiment de liberté

Cela fait entre-temps 14 ans que Peter Farazijn travaille pour l’entreprise Katriva, membre de la compagnie Hansea. Katriva occupe vingt chauffeurs, qui roulent exclusivement sur mission de De Lijn. Il est heureux d'avoir opté pour un emploi de chauffeur d'autobus : « L'une des grandes chances d'un chauffeur de bus est de ne pas être enfermé toute la journée. Cela me rendrait fou. Circuler à bord d'un bus m’offre un sentiment de liberté. Bien sûr, il faut suivre un circuit précis et tenir le timing à l'œil, mais aucun supérieur n’est là pour inspecter mes moindres faits et gestes. »

Comparé à son emploi de chauffeur de poids lourd, Peter Farazijn apprécie ses horaires : « Dès que je connais mon planning, je sais à quelle heure j’aurai terminé ma journée. Ce n’était pas toujours le cas quand je conduisais des camions. Chez Katriva, j’effectue cependant de nombreux shifts coupés pour les trajets de De Lijn. Parfois, j'ai 5 heures de coupure. Mais je n’habite qu'à 1 km. Entre deux shifts, il m’arrive encore souvent d’enfourcher mon vélo. Ça me permet de rester en forme. Certains passagers continuent d'ailleurs de me considérer comme un coureur cycliste. Ils parlent volontiers avec moi de courses cyclistes, surtout lors des Classiques du printemps et du Tour de France. Ces contacts sociaux se sont momentanément interrompus en raison de la crise sanitaire. J'espère qu'on pourra très vite revenir à la vie d'avant le coronavirus. »

Été 2021 : Sur la route avec le KOERSbus

À l’occasion du Championnat du monde de cyclisme en Flandre, le KOERS, le musée du sport cycliste de Roulers, a transformé un bus en exposition itinérante sur le championnat du monde de cyclisme. Cet été, Peter Farazijn sillonnera les routes à bord du KOERSbus, sur mission du musée. Les sièges ont été ôtés du bus, laissant la place à du mobilier et à des rayonnages agrémentés d'affiches, de photos, de maillots de cyclisme et autres souvenirs de champions du monde belges et des précédents championnats du monde disputés dans notre royaume. Pour inciter les amateurs de cyclisme belges à se rendre au championnat du monde de cyclisme, qui se tiendra fin septembre, le KOERSbus effectuera dès juillet un Tour de Belgique époustouflant.

Toujours prêt

Pour les amateurs de cyclisme, le moment a marqué les esprits : Peter Farazijn escorté par des motards et entouré de centaines de journalistes, rejoint le podium de départ du Tour de France à Liège.

Peter Farazijn revient pour nous sur l'évènement, occupé à rechercher sur son smartphone des photos du Tour de France 2004 : « Cette journée a été plutôt agitée. Le matin, j’étais encore allé voir le rallye d’Ypres avec mon petit garçon, lorsque j’ai reçu de manière totalement inattendue un appel de mon directeur d'équipe m’invitant à participer une nouvelle fois au Tour de France. Je me suis donc retrouvé dare-dare à boucler ma valise et à traverser le pays pour pouvoir m’aligner à temps pour le prologue. » Ça a marché et Peter Farazijn a effectué ce tour sans préparation spécifique. Quelle histoire ! En 1994, Peter Farazijn a remporté le Grand Prix de Wallonie à la Citadelle de Namur et en 1997, il a terminé premier Belge du Tour de France.