Le permis de conduire : un obstacle pour les candidats ?

BEchauffeur.BE: des entrepreneurs rencontrent des candidats-chauffeurs à Mornimont et Temse

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En janvier et février 2022, les entreprises à la recherche de chauffeurs d’autobus et d’autocars ont eu l’occasion de rencontrer des candidats par le biais du programme BEchauffeur. Un moment clé pour les candidats souhaitant travailler dans notre secteur. Poursuivez votre lecture pour découvrir en quoi l’obtention du permis de conduire peut constituer un obstacle pour les candidats et comment les entreprises gèrent cela.

« Dans toutes les offres d’emploi il est mentionné que les postulants doivent avoir le permis D »

Les journées de rencontre BEchauffeur.BE à Temse et à Mornimont ont chaque fois attiré une dizaine de candidats chauffeurs motivés. La plupart d'entre eux se sont vu immédiatement proposer un trajet de formation auprès de l’un des exploitants d’autobus présents. Le test de conduite dans le simulateur a aussi été apprécié. « J’ai été étonné des distances à prendre en compte », déclare Fabian Baurant de Sambreville, qui a également un passé de chauffeur de camion. « Conduire un bus, c’est quand même une tout autre expérience. »

Candidat, Giovanni Mazzei

Toujours est-il que les candidats avaient un grand handicap en commun : aucun d’entre eux n’était titulaire d’un permis D. « C’est un gros problème pour moi », explique Giovanni Mazzei (51 ans) de Charleroi. « J’ai dû fermer mon snackbar à cause du COVID-19. Aujourd'hui, j’ai vraiment envie de réaliser mon rêve de devenir chauffeur. Mais la formation est trop chère, je n’ai pas les moyens de me l’offrir. J’ai déjà contacté le FOREM, mais la liste d’attente est longue. »

Stefan Smet, un autre candidat, voit dans toutes les offres d’emploi sur Internet que les postulants doivent avoir le permis D, le Code 95 et une sélection médicale. « Comme je ne les ai pas, je ne postule pas. »

Candidat, Stefan Smet

Coup de pouce pour le permis de conduire

Tous les participants comptent donc sur un exploitant d’autobus qui les soutienne dans l’obtention du permis de conduire. « Nous aidons effectivement nos nouveaux chauffeurs, également en termes financiers. Selon moi, pour s’en sortir, tout exploitant d’autobus doit offrir cette formation. Il faut supprimer cet obstacle de leur chemin. A vrai dire, nous engageons des chauffeurs de bus sans permis », explique Manuel de Groot de Staf Cars.

Le discours est le même du côté d’Els Peeters de Keolis : « Nous pouvons proposer la formation par le biais de Keolis Drivers Academy. Notre propre instructeur accompagne nos candidats chauffeurs de manière intensive. Il les soutient sur le plan à la fois pratique et mental. Ils peuvent s’exercer sur notre terrain. Nous concluons des accords pour prendre en charge les frais d'examen. Les moyens proviennent du programme Aptitude-D de la FBAA. » Grâce à cette journée d’information, les candidats Giovanni Mazzei et Stefan Smet savent maintenant qu'ils peuvent bénéficier de ce système : « C’est une bonne nouvelle. Elle ouvre de nouvelles perspectives. »

L’obstacle de l’examen théorique

Le grand obstacle à l’obtention du permis de conduire n’est pas l’examen pratique, mais bien l’examen théorique. Si la pratique ne pose pratiquement aucun problème aux candidats, il en va tout autrement de la théorie. « J’ai essayé le simulateur. J’ai attiré des regards, mais je me vois quand même réussir l’examen pratique. L’examen théorique est plus problématique. Je ne sais pas comment je vais réussir ce cours », soupire Giovanni Mazzei.

Elise Falmagne, Keolis

Elise Falmagne de la Keolis Drivers Academy reconnaît le problème : « Ces candidats aiment être au volant dans le trafic. Ils sont très motivés pour l’examen pratique. La théorie, c’est autre chose. Certains n’ont jamais suivi de formation nécessitant d’étudier beaucoup de théorie. Pourtant, ils n’ont pas le choix. En tant qu’entreprise, nous pouvons accompagner les chauffeurs en formation en vue de l’examen pratique, mais pour l’instant, ils sont seuls pour affronter le théorique. Chez Keolis, ils reçoivent les manuels gratuitement. Malgré cela, nous constatons que des candidats ne se présentent tout simplement pas à l’examen théorique. Le taux d’abandon est élevé.

Nous avons déjà envisagé d’organiser des cours théoriques, mais ce n’est pas possible en raison du programme et de la dispersion géographique de nos chauffeurs. Nous devrions peut-être réfléchir à une série de cours préparatoires à l’examen théorique, de manière centralisée », conclut Elise Falmagne de Keolis.

Fabian Baurant (57 ans) de Sambreville

« Ici, les portes ne se ferment pas, elles s’ouvrent »

« J’ai déjà conduit un camion par le passé, en transport national. Ensuite, je me suis réorienté dans les travaux de toiture. J’ai fait cela pendant plus de 25 ans. Mais à mon âge, ce travail devient pénible. Le métier de chauffeur de bus est la solution pour me sortir de cette situation. Les exploitants du secteur sont vraiment intéressés par les motivations des candidats. J’aimerais vraiment conduire un bus. J’aime parcourir des kilomètres. La perspective de voyager me plaît beaucoup. Je me vois bien effectuer des trajets de plusieurs jours à l’étranger. Ce secteur m’offre les perspectives dont j’ai besoin pour la suite de ma carrière. »

Candidat, Fabian Baurant

Votre entreprise recherche des candidats à former au métier de chauffeur ?

Vous pouvez l’inscrire au programme BEchauffeur en envoyant un courriel à l’adresse contact@bechauffeur.be.