L’ancien gardien de but du Royal Antwerp FC devenu chauffeur de bus

Après une carrière internationale de gardien de but, le Polonais Aleksander Klak a posé ses valises à Anvers, où il travaille comme chauffeur chez De Lijn depuis 2006. « A la fin de ma carrière footballistique, je voulais faire quelque chose de complètement différent. Chauffeur de bus n’est pas un métier statique, on est tout le temps en mouvement, et puis j’adore conduire. »

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Carrière footballistique

Nous rencontrons Aleksander Klak à la cafétéria du dépôt Zurenborg. « J’ai un peu l’impression d’être revenu en arrière », plaisante Klak. Il faut dire qu’il a accordé des centaines d’interviews au cours de sa carrière de footballeur. L’international polonais, médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de 1992, a défendu à plusieurs reprises les filets de l’équipe nationale polonaise de football au cours des années suivantes. En 1996, l’entraîneur Georg Kessler et l’entraîneur des gardiens Ratko Svilar l’ont attiré à l’Antwerp FC, où il a joué six saisons. Aleksander Klak a finalement terminé sa carrière de footballeur à l’âge de 35 ans dans le club néerlandais de Graafschap.

Conseil de supporters

« Je souffrais de blessures persistantes, mon corps a dit stop », évalue-t-il a posteriori. « Le moment était venu pour moi de me réorienter. Comme j’avais toujours fait du sport, j’ai songé à tenir un magasin de sport. Mais finalement, deux supporters de l’Antwerp FC, qui travaillaient chez De Lijn, m’ont aiguillé vers le métier de chauffeur de bus. Ils m’ont parlé de leur travail et m’ont aidé à poser ma candidature. » Aleksander Klak passe l’examen d’entrée avec succès et est engagé à l’été 2006. « La formation s’est très bien passée », se rappelle-t-il. « En deux mois environ, j’ai obtenu mon permis de conduire, appris le code de la route et reconnu les itinéraires. »

Chauffeur de bus, mais pas que...

Pendant ses premières années chez De Lijn, Aleksander Klak a volontairement opté pour le statut de ‘candidat chauffeur’ et pour un temps partiel de 80 %. « En raison de ce choix, je n’avais pas de poste fixe », explique-t-il. « Ces horaires irréguliers m’ont toutefois permis de combiner mon métier de chauffeur et mes fonctions d’entraîneur des gardiens pour l’Antwerp FC et d’autres clubs de la région. Dès que je recevais mon horaire chez De Lijn, j’établissais un planning en concertation avec l’équipe de football. Un vrai puzzle ! Quand j’étais libre chez De Lijn, j’avais entraînement ou match. C’était très intense, mais je n’avais pas encore la quarantaine à l’époque. Les supporters ont parfois vécu des situations surprenantes. Avant le match, ils me voyaient échauffer le gardien au Bosuil. Quelques heures plus tard, ils me voyaient au volant du bus de la ligne 19 qui passait devant le stade de l’Antwerp. »

Crise surmontée

Pendant six ans, Aleksander Klak a combiné ses rôles de chauffeur de bus, d’entraîneur des gardiens, d’époux et de père de deux enfants aux études. Mais au bout d'un moment, il a dû se résoudre à lever le pied : « J’étais épuisé et j’ai décidé d’arrêter les entraînements de gardiens. C’était dur. Ce fut une période très difficile de ma vie, mais j’ai continué à conduire pour De Lijn. Mon métier de chauffeur de bus m’a aidé à rester debout. Depuis, j’attache aussi plus d’importance à la religion, je vais plus souvent à la messe et je pratique beaucoup d’autres sports que le football. »

Sentiment de liberté au volant

Aujourd’hui âgé de 51 ans, Aleksander Klak a toujours l'air sportif et dynamique. « Ma conduite n’est pas trop sportive en revanche », dit-il. « C’est l’une des erreurs les plus fréquemment commises par les chauffeurs débutants. Ils ont une conduite trop nerveuse. Pour les non-initiés, le métier de chauffeur de bus peut paraître très simple, mais il faut des années d’expérience pour exceller. On ne maîtrise pas un bus de plusieurs mètres de long du jour au lendemain. »

Aleksander Klak estime par ailleurs qu’avoir de l’empathie est important pour un chauffeur : « On rencontre des centaines de personnes par jour. Elles ont toutes leurs propres habitudes et il faut être capable de les exploiter. Sinon, des tensions apparaissent, qui ne font que provoquer des conflits inutiles. » Mais il faut avant tout aimer conduire. « En Pologne, j’avais obtenu mon permis de conduire avant d’avoir une voiture », se souvient Aleksander Klak. « Conduire me procure un sentiment de liberté. Je suis, pour ainsi dire, amoureux du volant de mon bus. »