2. ROULER AU BIOGAZ COMME AVEC UN BUS DIESEL… MAIS PRESQUE SANS ÉMISSIONS

EBS effectue avec des bus au biogaz des trajets respectueux de l’environnement dans les régions d’Amsterdam, Rotterdam et La Haye. Leur exploitation est comparable à celle des bus diesel, de telle sorte que le gaz est considéré comme le carburant de transition idéal, certes temporairement, dans l’attente d’un transport en bus zéro émission.

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La situation chez EBS

Egged Bus Systems fait partie du groupe israélien Egged Group et a été créé en 2010 pour concourir à des appels d’offres pour des concessions de transport public aux Pays-Bas. L’entreprise a débuté en décembre 2011 avec 221 bus dans la concession Waterland, au nord d’Amsterdam (nl). En décembre 2018 est venue s’ajouter à cela une concession de dix ans dans les régions Voorne-Putten et Rozenburg (nl), au sud de Rotterdam (nl), dans la région métropolitaine de Rotterdam – La Haye.

Passer du diesel au gaz est plus facile que passer à l’électrique

Pour les chauffeurs, le passage des bus diesel aux bus au gaz naturel ou au biogaz se déroule généralement assez bien. “Il faut toujours un peu s’habituer, mais la technologie repose encore toujours sur des moteurs à combustion, de telle sorte qu’il ne faut pas se mettre à rouler différemment”, explique Wim Kurver, ceo d’EBS. “C’est comme si on roulait avec un nouveau bus. La sensation par rapport au volant et aux pédales est un peu différente et le tableau de bord a un autre aspect. La seule chose à laquelle il faut faire attention, c’est le fait que le plein dure un peu plus longtemps et qu’il est possible que le bus soit un peu plus haut”.

“C’est totalement différent lorsqu’on passe des bus diesel aux bus électriques. La différence est beaucoup plus grande. Un bus électrique ressemble beaucoup plus à un ordinateur roulant, avec des capteurs partout. Les chauffeurs doivent tenir la capacité des batteries à l’œil. En raison de son utilisation intensive, une batterie perd vite 15% de sa capacité et s’il fait froid, on peut même perdre 30% de la capacité, ce qui peut compromettre le planning des trajets. Les chauffeurs doivent aussi apprendre à placer correctement le pantographe lors de la recharge et à rouler de façon respectueuse de l’environnement avec un bus de ce genre. Le bus électrique est déjà bien présent, mais lors de l’exploitation, des maladies de jeunesse apparaissent encore toujours”.

Évaluer correctement la consommation au quotidien dans des circonstances défavorables

Selon Wim Kurver, lorsqu’on recourt à des nouvelles technologies, des aspects inattendus surviennent, certainement durant la phase de démarrage :


  • Durant la vague de chaleur, avec des températures de 40°C et plus, les compresseurs se sont automatiquement éteints pour des raisons de sécurité, parce qu’ils sont réglés sur 35°C.


  • “Il faut préalablement très bien évaluer la consommation au quotidien, en tenant compte de la distance journalière parcourue et de la capacité de stockage des réservoirs de gaz de votre bus. Pour cela, il faut prendre comme point de départ la consommation maximale dans des circonstances exceptionnelles et défavorables, lorsque le bus doit parcourir environ 400 km par jour. Cela permet de prévoir de plus grands réservoirs ou de faire le plein en cours de route. Dans le pire des cas, vous augmentez la ‘réserve technique’ de votre parc de véhicules, afin de disposer de davantage de bus utilisables. Pour maintenir 100 bus opérationnels, il vous en faut peut-être 110 au lieu de 106, parce qu’il arrive de devoir remplacer un bus en cours de route”.

Le gaz "vert" ?

Le gaz naturel ou le gaz vert est une source d’énergie fiable qui réduit les émissions de CO2 de 75% par rapport au diesel. Les émissions d’azote (NOx) et de particules fines (PM10) sont nettement inférieures à celles des carburants fossiles, même si elles existent encore de façon limitée. Le coût total est comparable à celui d’un bus diesel, de telle sorte que le gaz est considéré comme le carburant de transition idéal sur la voie d’un transport public sans émissions.

Faire plus vite une croix sur les bus au gaz vert ou passer à des bus zéro émission

“Nous avons choisi des bus au gaz vert (biométhane), mais c’est probablement la dernière fois que nous pouvons utiliser de tels bus au CNG ou au biogaz”, affirme Wim Kurver. “Le passage au transport en bus zéro émission est ultra rapide aux Pays-Bas. Avec l’‘ancienne’ technologie diesel, vous n’entrez plus en ligne de compte pour les appels d’offres, même s’il s’agit d’une technologie avancée. Ici, même les bus au gaz vert sont considérés comme une solution temporaire, parce qu’ils sont encore responsables d’émissions, certes limitées. Les villes et les régions font pression pour que nous nous mettions à rouler totalement avec des bus zéro émission. Lors d’un appel d’offres, vous devez dès le départ prévoir déjà un pourcentage important de bus zéro émission pour pouvoir encore entrer en ligne de compte. Une combinaison de facteurs, parmi lesquels l’Accord politique sur le transport en bus zéro émission (Bestuursakkoord Zero Emissie Busvervoer), vous incitent à utiliser des bus électriques ou des bus à hydrogène et pile à combustible, même si ce dernier type de bus n’est que très peu présent. Tout cela fait que nous devons plus rapidement faire une croix sur nos véhicules. La concession Voorne-Putten (nl) est probablement l’une des dernières pour lesquelles nous pourrons utiliser les 43 Iveco Crossway LE Biogas jusqu’en 2029. Dans la concession Haaglanden, qui court jusqu’en 2030, il est précisé qu’en 2026-2027, nous devons transformer les bus en véhicules zéro émission”.

L’autonomie du bus au gaz rivalise avec celle du bus diesel

L’Iveco Crossway LE Natural Gas est muni de quatre réservoirs de gaz comprimé, qui ont été intégrés au toit. En combinaison avec une structure renforcée, le centre de gravité du bus est optimalisé, ce qui augmente la stabilité du bus sur la route et améliore le confort du chauffeur et des voyageurs. Les quatre réservoirs apportent ensemble une capacité disponible de 1.260 litres, avec laquelle il est possible de parcourir de 500 à 600 kilomètres. Cette autonomie est comparable à celle d’un bus diesel, et certainement supérieure à celle d’un bus électrique.

Pour la fourniture de biogaz ou de gaz vert, EBS a conclu un accord de collaboration avec Pitpoint. Le biogaz (nl) est une variante durable du gaz naturel, qui provient de la fermentation de déchets de fruits, de légumes et de jardin, de boues d’épuration et de lisier. Le gaz vert de Pitpoint est notamment produit chez Meerlanden (nl) et Ecofuels (nl), avant d’être pompé dans le réseau de gaz naturel domestique. Pitpoint a ouvert spécifiquement pour l’exploitation des bus au gaz d’EBS deux stations au gaz à Spijkenisse et Hellevoetsluis, où les bus au biogaz vont faire le plein.

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