4. DES AUTOCARS CLIMATIQUEMENT NEUTRES ROULENT AU BIOCARBURANT HVO 100

Depuis le début de cette année, la société d'autocars néerlandaise Jan de Wit Group exploite une centaine d'autocars roulant au biocarburant HVO 100 perfectionné. Les émissions de CO2 de ses autocars sont de ce fait réduites de plus de 90 %. Désormais, ils parcourent l'Europe de manière climatiquement neutre.

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Fort d'un parc de véhicules d'une centaine d'autocars de luxe, Jan de Wit Group est l'un des plus grands autocaristes des Pays-Bas et probablement aussi l'un des plus modernes du Benelux.

En plus de la qualité et de la sécurité, l'environnement constitue aussi un cheval de bataille de l'entreprise. Le fait que Jan de Wit Group soit devenue la première société de bus néerlandaise à mettre en service des véhicules climatiquement neutres ne constitue donc pas une surprise en soi.

Depuis janvier de cette année, les autocars du Jan de Wit Group ne roulent plus au diesel conventionnel mais au biocarburant HVO 100 synthétique perfectionné (Hydrotreated Vegetable Oil). En Scandinavie - qui est déjà en avance depuis des années en matière d'utilisation de carburants alternatifs - le HVO est une valeur sûre dans de nombreuses stations-service.

Qu'est-ce que le HVO ?

Le HVO est un carburant durable fabriqué à base d'huiles et/ou graisses végétales issues des flux de déchets de l'industrie agro-alimentaire.


Leur traitement avec de l'hydrogène donne naissance au biocarburant HVO qui réduit les émissions de CO2 d'environ 90 %. Ce carburant réduit aussi formtement les émissions de particules fines d'azote et de composés de soufre.

Le HVO 100 utilisé par le Jan de Wit Group se compose à 100% de HVO et répond également aux normes élevées imposées par l’UE en matière de carburants durables. En optant pour le HVO 100, Jan de Wit Group réduit d'environ 90 % les émissions de CO2 du ‘puits à la roue’.

Période d'essai intensive de près de deux ans

Après un essai de près de deux ans, les quelque cent autocars sont passés du diesel conventionnel au HVO 100. « Durant ce laps de temps, nous avons parcouru de nombreux kilomètres sans inconvénient opérationnel significatif », nous indique pour commencer le directeur Walter De Wit. « À l'issue de la période d'essai, nous avons décidé assez rapidement de sauter le pas et de devenir ainsi pionnier néerlandais en matière de durabilité dans le secteur . À cet effet, nous avons notamment investi dans de nouveaux réservoirs de stockage de HVO 100 dans nos succursales de Haarlem et de Hippolytushoef. Le HVO 100 est en ce moment l'option la plus réaliste pour atteindre une neutralité climatique totale, sans que cela ait un énorme impact sur la motorisation. Les autres alternatives que le HVO 100 exigeraient des adaptations techniques plus poussées du parc de véhicules et auraient pour effet une destruction de capital. Les autres alternatives ne constituent donc pas - jusqu'à présent - une option sérieuse ».

« Nos bus ont consommé des millions de litres de diesel en 2018. En tant que l'une des plus grandes entreprises d'autocars aux Pays-Bas, nous sommes particulièrement fiers d’avoir pu réduire de 90 % depuis janvier les émissions de CO2 de notre flotte grâce au HVO 100 ».

Faire le plein de HVO 100 et faire l'appoint en cours de route avec du diesel conventionnel

« Depuis 2000, nous entretenons une collaboration durable avec Scania notamment, concernant ce produit. C'est la raison pour laquelle entretemps près de la moitié de notre parc de véhicules est constitué de Scania Interlink HD et de Scania Touring. Près d'un tiers du parc de véhicules se compose de MAN Lion’s Coach», précise Walter de Wit.

Aussi bien les moteurs Scania de 9 litres que ceux de 13 litres extrêmement économiques sont prévus pour rouler au diesel, au biodiesel et au HVO. Le chauffeur ne doit en outre pas effectuer d'opérations spécifiques pour passer d'un carburant à l'autre.

« On peut par conséquent toujours revenir au diesel conventionnel », indique Walter De Wit. « Il est donc parfaitement possible de faire l'appoint du réservoir de carburant avec du diesel classique sur le chemin du retour d'un circuit en France. Pour Scania et MAN, le passage au HVO 100 n'a pas posé de problème. Les (midi)bus plus légers, dont le Mercedes Benz Sprinter et Iveco, n'ont quant à eux malheureusement pas encore libéré leurs moteurs pour l'utilisation du HVO 100 ».

Le HVO 100 est la meilleure solution intermédiaire pour la transition vers l'hydrogène

Le fait de rouler au HVO 100 est un choix très conscient de Jan de Wit Group afin d'offrir à ses clients la solution de transport de personnes la plus durable possible. « Il s'agit cependant d'une solution coûteuse qui n'est pas subventionnée. Un Euro5 au HVO reste encore considéré comme un Euro5, il ne bénéficie donc d’aucun incitant ni d’aucune exonération pour circuler dans les zones environnementales, contrairement à ce qui est le cas pour les bus CNG. Nous trouvons cela décevant et appelons les pouvoirs publics à modifier ces réglementations. Il ne nous semble pas raisonnable que les pouvoirs publics ne proposent pas de solution, même partielle, pour ce carburant écologique comme une réduction ou même une suppression des accises. À terme, il sera en tout cas important de savoir si le marché est prêt à payer un supplément pour un voyage avec un autocar climatiquement neutre ».

Walter de Wit considère le HVO 100 comme la meilleure solution intermédiaire dans la phase transitoire vers l'utilisation de l'hydrogène. « Nous pensons que des autocars propulsés à l'hydrogène avec l'infrastructure nécessaire peuvent devenir une réalité d'ici cinq à dix ans et nous attendons plus de cette technologie que des véhicules électriques. Rien que le rayon d'action limité des bus électriques fait en sorte qu'il est peu réaliste de circuler avec ceux-ci. En outre, la propulsion électrique pour le transport en autocar reste encore une option polluante. La production de l'électricité, des batteries et des aimants nécessaires pour les moteurs de bus est dans beaucoup de cas tout sauf durable ».