Jeunes Loups chez ‘t Ros Beiaard

« Je ne guérirai plus de ce virus »

Il était écrit que Filip De Hauwere (38 ans) suivrait les traces de son père Dirk et de son grand-père Maurice De Hauwere. Enfant, il passait ses journées à courir autour des autobus et des autocars de l’entreprise familiale ’t Ros Beiaard de Lebbeke. Adolescent, il aidait parfois à nettoyer et à ranger le garage. Aujourd'hui, Filip ne décolle plus de son bureau.

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Ceci n’a rien d’étonnant, car avec plus de quatre-vingt membres du personnel et une centaine de véhicules pour le transport scolaire, le tourisme et De Lijn, sa semaine de six jours de travail est bien chargée. De temps en temps, il reprend place derrière le volant. « Mon avenir est dans cette entreprise. Je ne guérirai plus de ce virus. » Il dirige donc l’entreprise familiale avec son frère Kristof et son père Dirk.

Intérêt grandissant pour le métier

Filip n’avait pourtant pas de pressentiment spécial. « Quand j’étais adolescent, je ne me suis jamais dit : “c’est ce métier dont je rêve”. Ce n'est qu'après avoir obtenu mon diplôme en comptabilité fiscale que j'ai revu mon objectif et décidé de m’investir dans l'entreprise. C’est difficile d’être sûr de soi lorsqu'on est jeune. C’est vrai que j’avais beaucoup roulé avec mon père au garage. Mon intérêt a lentement commencé à grandir. Au début, je roulais beaucoup car j’ai obtenu mon permis à 21 ans. Je restais principalement dans le pays. Avec le temps, je me suis de plus en plus occupé de l’aspect administratif. Je retourne accasionnellement derrière le volant. »

Les défis

Le plus grand souhait de Filip pour l’entreprise est de la maintenir à jour et en bonne santé économique. « De nombreux défis nous attendent. La première priorité à court terme est de trouver des chauffeurs. Nous essayons de rester attractifs sur le marché grâce à nos propres formations. Un autre défi est le progrès technologique. L’écologisation de la flotte nous oblige à former à nouveau les mécaniciens et à adapter nos ateliers. Il ne faut pas se lancer à la légère, compte tenu des risques de l’électrique et du transport au gaz. Nous devons également apprendre à nos chauffeurs à rouler différemment avec les autobus. »

Investir dans la région

Ces dernières années, la famille De Hauwere a investi dans quelques rachats d’entreprises de la région. Elle a repris Cars Heyvaert à Buggenhout. Un nouveau site d'entretien et des bureaux supplémentaires y sont actuellement en cours de construction. À Termonde, elle a également repris Rudi Cars et l’agence de voyages apparentée « Mes ». « Si des opportunités se présentent, nous serons prêts. Toutes ces acquisitions ont fait de nous la plus grande entreprise de la région de Termonde. Nous devons également accélérer l'investissement dans l'équipement en raison des normes d'émission instaurées dans les villes. Notre entreprise se situe entre Gand, Bruxelles et Anvers. »

Début 2019, l'entreprise a finalement repris l'agence de voyages Reizen Muylaert avec ses collègues Ferry Cars et Sylvie Tours.

‘t Ros Beiaard est également étroitement impliqué dans le Cortège du Cheval Bayard de Termonde qui aura lieu le 24 mai prochain. Deux autobus flambant neufs affichent le nouveau logo de la campagne en Belgique et à l'étranger. Ils ont récemment été officiellement présentés par le Comité du Cheval Bayard.

Travailler pour le secteur avec la FBAA et BAAV

Filip n'a pas beaucoup de temps libre car, en plus de ses journées très chargées dans l'entreprise, il siège toujours au conseil d'administration de BAAV et dans le Comité Autocars de la FBAA. « Pourquoi ? Le secteur de l’autocar est un petit monde. Tout soutien est le bienvenu. Nous devons donc nous assurer d'obtenir du soutien. Il faut avoir suffisamment de gens pour travailler dans le secteur. Été comme hiver, je joue au tennis pendant mes temps libres et vous me verrez parfois sur les terrains de football de la région. »

Un métier magnifique

« Bref, c'est un métier merveilleux : on rencontre toujours de nouvelles personnes et on voit toujours de nouvelles choses. La routine n’a pas sa place ici. Par contre, les clients n’ont pas leur langue en poche et sont plus critiques. Nous avons aussi moins de clients réguliers et ceux-ci veulent toujours avoir le meilleur prix. L'époque où mon grand-père notait les commandes sur les cartons de bières au café est révolue depuis longtemps. Tout est devenu beaucoup plus professionnel et mes études me seront bien utiles ici. »