Nombre record de chauffeurs en chômage temporaire en 2020

L'ICB analyse l'impact de la COVID-19 sur notre marché du travail

Partagez cet article avec vos collègues

A coup sûr, 2020 restera dans les annales de ce siècle comme une année ayant bouleversé toutes les certitudes. Le transport de personnes compte parmi les plus impactés par les mesures de restriction liées au confinement. Toutefois, la réalité des uns n'est pas toujours celle des autres. L'ICB a mené une étude quantitative sur les impacts de la COVID-19 sur le secteur du transport en bus et autocar. Nous vous présentons les principales conclusions, en compagnie de Maxime Bouche, chargé de projets à l’ICB.

Une étude quantitative sur les impacts de la COVID-19

« Au sortir d'une année 2020 improbable, tout le monde est bien conscient que la pandémie a durement frappé de nombreux secteurs, et celui du transport de personnes en particulier, » lance d'entrée de jeu Maxime Bouche, chargé de projets à l'ICB. « Toutefois, l’ICB a estimé essentiel d'apporter davantage de précisions concernant l’impact de la crise du coronavirus sur le secteur des bus et des autocars. Dans les grandes lignes, sans cette étude, nous savons que le chômage a augmenté et que le travail a diminué. Mais nous ne pouvons pas dire quel est son degré d’ampleur. Cette étude nous permet donc de quantifier l’impact de la COVID-19, notamment en comparant ces chiffres de 2020 aux tendances observées l'année précédente. »

0%

des sociétés de transport concernés

Sans grande surprise, l'étude a notamment mis en lumière une augmentation exponentielle du recours au chômage temporaire dans le secteur des autobus et des autocars en 2020. Et Maxime Bouche nous apporte quelques précisions : « Lors du premier et du deuxième trimestre 2020, correspondant au premier confinement, respectivement 84 % et 95 % des entreprises ont eu recours au chômage. A titre de comparaison, ce taux fluctuait entre 35 % et 46 % au cours de 2019. Lors des troisième et quatrième trimestres 2020, le recours au chômage temporaire fut moins élevé qu'en début d'année 2020, avec des taux respectifs de 77 % et 87 %, cependant toujours nettement supérieur à l'année antérieure. »

L’ICB a ensuite déterminé dans quelle mesure le chômage a impacté les chauffeurs du secteur. Maxime Bouche : « Au cours des trimestres liés à 2019, nous pouvons observer qu’à peu près 12 % des chauffeurs ont été au chômage pendant au moins un jour. En 2020, ce chiffre est passé à 51,59 % lors du premier trimestre et à 71,19 % entre avril et juin. Durant le troisième trimestre de 2020, ce sont presque 30% des chauffeurs qui ont été mis au chômage temporaire. Mentionnons également que ce chiffre remonte à 39% pour la période ‘octobre-décembre’. Ce qui est, toutefois, une importante progression au cours de cette pandémie. »

0

chauffeurs en moins en un an

Enfin, entre 2019 et 2020, le secteur a perdu environ 1.340 chauffeurs dans le rapportage. Maxime Bouche : « En une année, le secteur est en effet passé de 11.510 chauffeurs à 10.169 chauffeurs. Dû aux restrictions sanitaires, cela peut s’expliquer par le fait que certains chauffeurs du secteur occasionnel n’ont pas été actifs, et/ou se sont lancés dans un nouveau défi professionnel ; en raison d’un manque de perspectives à court terme. Par ailleurs, une proportion de chauffeurs réalise probablement du travail en extra. En raison du manque de travail, ces chauffeurs n’ont pu recevoir de contrats et ne sont donc pas comptabilisés dans ces chiffres. »

71 % des chauffeurs au chômage entre avril et juin 2020

Lors du deuxième trimestre 2020, marqué par le confinement le plus strict qui a paralysé notre pays et une partie de l'Europe, 71 % des chauffeurs ont été touchés par le chômage, mais dans des proportions variées. « Certains services ont continué d'être assurés durant cette période, » embraye Maxime Bouche. « Ainsi, notre étude a permis de constater que 24 % des chauffeurs ont été au chômage entre 1 et 10 jours durant le deuxième trimestre. Ensuite, 7 % l'ont été entre 11 et 20 jours et 7 autres pour cent entre 21 et 30 jours. 9 % l'ont été durant 31 et 40 jours et jusqu'à 10 % entre 41 et 60 jours durant le deuxième trimestre. Enfin, 8 % n'ont pas pu travailler entre 61 et 70 jours et 6 % entre 71 et 80 jours durant le deuxième trimestre. Cette tendance s'est heureusement limitée à cette période. Au troisième trimestre de l'an dernier, ils étaient 29 % à avoir subi du chômage. »

Heureusement, quelques mesures ont permis à certains chauffeurs de reprendre quelque peu le travail. Maxime Bouche : « Après ce deuxième trimestre dramatique, les différentes mesures prises en octobre, comme le maintien des écoles ouvertes et le renforcement des lignes De Lijn/TEC par les autocaristes, ont permis une augmentation moins élevée du recours au chômage qu’auparavant : 39 % des chauffeurs ont alors été au chômage durant une durée moyenne de 16 jours. »

Un impact différent selon les sous-secteurs

Même si la pandémie a touché tout le monde, son impact a toutefois été différent d'un sous-secteur à l'autre. Et Maxime Bouche de conclure avec des chiffres éloquents : « L'analyse de l’impact du coronavirus sur les prestations liées au travail et chômage met en évidence une situation qui n’est pas catastrophique pour le secteur régulier. Elle est, en revanche, nettement plus tendue pour les chauffeurs spécialisés et d’autocars. Ainsi au deuxième trimestre, le temps de chômage moyen d'un chauffeur s'est élevé à 31 jours. Les chauffeurs actifs dans le transport régulier ont été à l'arrêt 7 jours en moyenne, contre 45 et 47 jours pour leurs collègues spécialisés et d’autocars. »