Tom Van Hooste


De champion de Belgique de cross à chauffeur d’autobus

Tom Van Hooste a été six fois champion de Belgique de cross-country dans les années 2000, a remporté des trophées partout dans le monde et roule aujourd’hui comme chauffeur d’autobus pour De Lijn dans le Pays de Waes. Et il ne s’est jamais plaint de cette reconversion. « Parfois, je suis en train de rouler et je me dis : j’ai quand même un job formidable. On voit du pays et des gens ».

Partagez cet article avec vos collègues

Tom trouve même la conduite relaxante. Le contact avec les voyageurs rend les choses encore plus agréables. Avec certains, des liens se créent même. Il taille une bavette avec eux et est vite au courant de la couleur locale. « Les gens qui parlent avec moi sont souvent des isolés. Dans ce sens, on a aussi une fonction sociale en tant que chauffeur ».


Tom a arrêté sa carrière sportive il y a dix ans et a d’abord trouvé du travail comme magasinier. Le travail en lui-même lui plaisait mais l’isolement entre quatre murs, pour lui qui avait toujours couru à travers champs, a vite commencé à lui peser à l’instar des poids qu’il devait traîner. Les bus du Linkeroever, où Tom habitait encore à l’époque, ont fait germer l’idée dans son esprit. « Oui, pourquoi pas ? »

Des débuts avec le tracteur

« J’ai toujours aimé conduire. Dans mon travail de magasinier, je pilotais d’ailleurs aussi un engin de levage et, enfant déjà, la conduite d’un tracteur n’avait pas de secret pour moi. Mon père était en effet fermier à ses heures. J’aurais également pu devenir chauffeur poids lourd mais la pression était trop élevée pour moi. En outre, la formation chez De Lijn était gratuite dès le premier jour. Cet élément a certainement joué dans ma décision. De plus, j’apprécie le contact des gens. Durant ma carrière sportive, j’ai en effet rencontré des gens de tous continents, langues et cultures. »

Pas de moments difficiles à épingler à ce jour

Tom travaille déjà depuis près de quatre ans chez De Lijn et opère au Pays de Waes sur les lignes 91 et 92 menant à Alost et Saint-Nicolas, les lignes 93 et 95 menant à Anvers, la ligne 99 Hamme-Anvers, les lignes 81 et 82 Lokeren-Anvers, la ligne 31 à destination de Kieldrecht et les autobus urbains de Saint-Nicolas. La variété est un atout. Tom n’a pas encore vécu de moments vraiment difficiles, à part deux légères agressions verbales. « Sûr que ça reste quelque temps dans la tête, mais on finit par oublier. »

Un horaire fixe serait préférable

« Un horaire plus fixe est le souhait de tout un chacun, moi compris. De Lijn y travaille. On connaît parfois son horaire moins d’un mois à l’avance. A l’heure actuelle, mon schéma est quand même plus ou moins fixe. Le travail proprement dit n’est pas trop dur mais il faut rester concentré. Si on parvient à rouler détendu, on ressent moins la pression. »

« J’évite tout ce qui nuit à ma santé. Je ne me mets pas la pression au niveau du temps. Nous avons un schéma horaire en principe tenable mais un obstacle, un accident ou une file peut souvent tout remettre en question. Nous savons de toute façon que certaines lignes sont sujettes à des retards ».

Tom conduit tous les types d’autobus mais il préfère les bus articulés. « Ils sont très confortables à manoeuvrer. On sent moins les trous dans la chaussée qu’avec les véhicules standard. Ces autobus articulés restent plus longtemps en équilibre. »

Au travail en vélo

Chaque jour ouvrable, Tom parcourt 15 km à vélo pour rejoindre le dépôt De Lijn à Saint-Nicolas. « Même avec des services coupés, je parviens encore à rentrer à la maison en vélo. Sinon le ventre crie famine. Quand je commence très tôt, je prends la voiture ».