Que prévoient vos collègues entrepreneurs pour 2020 ?

Le Brabant wallon accueille les Bons Vœux du CFA

Samedi 18 janvier, le secteur autocariste et autobusier wallon s'était donné rendez-vous à la Maison basse de Lasne à l'occasion de la 4e édition des Bons Vœux du CFA. Après la province de Liège, c'était en effet le Brabant wallon, et plus particulièrement Olivier Van Stalle de Star Voyages qui jouait le rôle d'hôte d'un soir pour 105 invités. Rendez-vous déjà pris en janvier prochain en province de Luxembourg.

Yannick Balcaen Président du CFA : « Le bilan 2019 est positif pour le CFA. Nous avons initié de nombreux projets tels que BEchauffeur.BE, pour pallier à la carence de chauffeurs. A présent, notre focus s'établit sur le système 'Don't travel empty', que nous sommes allés étudier chez un confrère anglais de Norwich. Le CFA lancera en 2020 une étude pour estimer le volume de trajets à vide en Wallonie afin de décider de la pertinence de développer un système similaire chez nous. Mais le besoin, s'il existe, devra aussi s'accompagner d'un changement de mentalité et d'une informatisation des acteurs. Le tout pourra être bénéfique au secteur. Les voyageurs auront la certitude de toujours être rapidement pris en charge par un confrère en cas de problème technique. Deux projets intéressants que nous avons partagés avec nos collègues du nord du pays, ce qui me réjouit.»

Florian Vanderhoudelingen de Jumbo Tourisme (à gauche sur la photo) : « Notre objectif pour 2020 consiste surtout à consolider notre volet tourisme. Notre produit phare demeure Londres et je ne crains nullement le Brexit. Au contraire, nous allons continuer à diversifier notre offre autour de Londres et proposer de nouveaux voyages thématiques en vue de satisfaire un public de tout âge, de 15 à 80 ans. Pour ce faire, nous leur proposons désormais une app dédiée à Londres et lancerons un nouveau site d'e-commerce dans les prochains mois.»

Olivier Van Stalle de Voyages Star : « La priorité absolue en 2020 est la revalorisation du métier de chauffeur. Les temps ont changé mais le chauffeur reste la clé de la réussite d'un voyage »

Christian Delange d'Atlas Cars était venu spécialement de Rocourt : « 2019 restera marquée comme une année nous ayant permis de conserver nos lignes TEC et d'en ajouter une nouvelle. Le volet touristique de notre activité s'est également équilibré et nous notons, en 2020, une meilleure tendance des réservations de groupes scolaires. Nous demeurons toutefois vigilants car les risques de crise internationale sont élevés et peuvent rapidement tout changer. »

Pascal Van de Voorde de Fun Cars : « Le transport a de l'avenir. La solution aux problèmes de mobilité ne peut passer que par le transport collectif. »
David Léonard - les Voyages Léonard : « Nous venons de réceptionner 16 nouveaux véhicules et nous entamons la construction d'un nouveau garage de 60 places à Barchon sur une superficie de 15.000 m² suite à l'obtention d'un contrat TEC. »
Et Jean-François Defour de Voyages Léonard ajoute : « Dans le tourisme, nous ambitionnons d'encore étendre notre production. Nous proposerons en 2020 une nouvelle brochure, de nouveaux concepts et une plateforme destinée aux organisateurs d'événements. Le tourisme durable gagne également en importance, même si le facteur prix prime toujours. Je regrette d'ailleurs que cela soit aussi le cas dans les appels d'offre qui ne tiennent pas (assez) compte de l'aspect écologique. »

David Ullens de Bus & Coach Services : « La multiplication des zones LEZ et la guerre des prix déclenchée par les groupes scolaires sont deux sources d'inquiétude. La concentration du secteur complique la profession de même que la surcharge administrative à laquelle chaque autocariste doit faire face. »

Patrick Deblire de la société éponyme : « Le secteur a connu une belle année caractérisée par une demande en croissance. En transport régulier spécialisé, nous avons enregistré une victoire avec la fin du recalcul des places pour les véhicules avec voiturette. En régulier, je regrette que les deux derniers autobusiers de ma province de Namur aient perdu les appels d'offre, au détriment de grands groupes. En tourisme après 3 semaines à peine, 2020 s'annonce bien. Nous enregistrons un regain d'attrait auprès d'une clientèle plus jeune dans la cinquantaine. »

Gaétan Binet de Keolis: « Nous sommes satisfaits de nos réalisations en 2019. D'une part, nous avons reconduit la majorité de nos contrats TEC pour le transport régulier. D'autre part, nous avons confirmé diverses activités de transport occasionnel, une activité représentant 15% de notre volume d'affaires en Belgique. A Bruxelles, la mobilité constitue un sujet majeur. Toutefois, nous sommes face à de nombreuses interrogations et zones d'ombre qui ne simplifient la tâche de personne. Certes, nous avons la chance en tant que grand groupe de pouvoir replacer ailleurs des véhicules qui ne satisfont plus aux nouvelles normes, mais les choix à poser en termes d'alimentation, d'équipements, de technologie sont complexes. Dans le régulier, la transition écologique fait doucement son chemin, mais pour l'occasionnel et le régulier spécialisé, le marché n'est pas encore mûr. »

Gery Bourdon des Autocars Bourdon (à droite sur la photo) : « 2019 restera gravée comme une belle année pour notre activité, même si la pénurie de chauffeurs continue de complexifier notre métier. Heureusement, diverses initiatives telles que BEchauffeur.BE et des formations propres veillent à y remédier. Pour 2020, le carnet de commandes se remplit bien, mais les normes environnementales dans les villes risquent de poser problème. Cette politique est une ineptie. D'une part, on interdit des véhicules Euro 3, mais d'autre part, ces mêmes villes sont traversées au quotidien par des péniches bien plus polluantes. »

Yannick Balcaen nous a également confié ses impressions en tant que directeur des Voyages Degrève: « 2019 fut une année où les Voyages Degrève ont énormément investi. Nous avons construit un bâtiment technique et de carrosserie en vue d'optimiser la gestion de notre flotte. Dans la même veine, nous nous sommes équipés d'un nouveau logiciel informatique destiné à réduire au strict minimum les trajets à vide tout en améliorant le service à la clientèle.»

Fraîchement retraité, l'ancien président Albert Hoc avait également honoré de sa présence cette soirée de bons vœux et en a profité pour partager avec nous sa réflexion: « Je m'interroge sur la tournure que prendra le nouveau régime des lignes d'autobus en Wallonie. Je crains que notre secteur connaisse le même sort qu'après la libéralisation du marché de l'électricité : des prix en hausse, une sécurité en baisse et aussi des achats à l'étranger. »