À QUOI S’ATTENDENT CERTAINS ENTREPRENEURS APRÈS LA CRISE ?

La parole à quelques entrepreneurs wallons

Depuis début mars, les entreprises de bus et d’autocars sont confrontées aux lourdes conséquences de la pandémie de COVID-19 en Belgique. Nous nous sommes entretenus avec des entrepreneurs des quatre coins de la Wallonie par vidéoconférence, qui malgré leurs inquiétudes, essayent de porter un regard positif sur l’avenir.

À quoi s’attendre après la crise ?

  • Pascal Van de Voorde (Fun Cars) s’attend à une pénurie d’autocars en septembre due aux demandes qui tomberont au même moment. « Les voyages scolaires ne vont plus être organisés en mai-juin mais plutôt en octobre. Nous devrons travailler beaucoup plus que maintenant. »

  • Florian Vanderhoudelingen (Jumbo Tourisme) penche plus sur un retour aux valeurs fondamentales. « Cette crise nous marquera à jamais et modifiera nos comportements. Le fait d’être confinés et de retrouver les siens nous permet de retrouver des valeurs qu’on n’appliquait pas au quotidien et d'accorder plus d’attention à l'humain. » Et cela s'appliquera, selon lui, aussi aux chauffeurs qui avanceront avec un esprit de solidarité.

  • Chez Voyages De Colnet il n’y a pas de crainte de la part du chauffeur de se retrouver près des passagers dans le car. Au contraire, on pense plutôt à toutes les mesures d’hygiène qui pourraient être prises pour que les passagers n’aient pas peur de voyager à nouveau en car. En se faisant dépister ou en nettoyant encore plus les autocars. Florian pense également que les cars seront nettoyés d’une façon différente. « Peut-être avec des produits qui permettent d’éviter les virus. Nous aurons probablement plus de gels à bord, nous nous laverons plus souvent les mains, nous aurons moins de contacts avec les gens, etc. »

Pourquoi pas une charte avec des pratiques communes ?

Florian Vanderhoudelingen propose l’idée suivante : « Pourquoi ne pas rassembler nos expériences pour établir une charte interne et commune que nous respecterions tous pour pouvoir nous protéger davantage à l’avenir. Ce serait bien qu’il y ait des règles et pratiques communes. Comme par exemple des conditions générales, des processus, la façon de travailler avec son personnel, peut-être même la façon d'entretenir les véhicules. »

Pourquoi pas un système de prépaiement pour l’avenir ?

Pascal Van de Voorde songe à relancer un système de prépaiement comme cela est déjà le cas pour les billets de train ou d’avion. Cela réduirait, selon lui, les annulations inutiles de la part du client, ainsi que les problèmes de trésorerie lors d’une éventuelle nouvelle crise.

Les voyages en car seront-ils plus populaires ou redoutés ?

Charles-Henri de Colnet reste confiant à ce sujet et affirme avec beaucoup d’enthousiasme que les personnes en auront marre de rester chez elles entre quatre murs et qu’elles seront très contentes de pouvoir repartir. « Une fois que la crise sera terminée, les clients n’y penseront plus. Je pense qu’une fois que la pandémie sera derrière nous, les choses reprendront leur cours. Je ne pense pas que les personnes ne partiront plus à cause de ça » nous partage Charles-Henri. Il ajoute même : « ça motivera les personnes à partir avec nous. Nous ne proposons pas de voyages dans de grandes structures avec de grands hôtels. Les clients pourraient se dire qu’il y a moins de monde dans les petites structures et auraient donc moins peur de partir avec nous. » L’entreprise de Colnet ne s’inquiète pas et joue sur le choix de ses lieux et partenaires, qui ne représentent pas d’espaces bondés.

D’un autre côté, Florian se pose la question de savoir si les personnes n’essayeront justement pas de se protéger naturellement dans le futur en ajustant leurs comportements, pour ainsi éviter une nouvelle crise. « Au niveau professionnel, ce sera une réelle adaptation de tous puisque les chauffeurs travaillent quand même dans un endroit fort confiné avec les clients. Est-ce que comme dans certains pays, nous devrons installer des glaces derrière les chauffeurs pour les protéger des clients assis derrière eux ? » se demande Florian. A l’avenir, il s’attend à ce qu’il y ait des craintes naturelles qui s’installent quand on verra quelqu’un tousser par exemple.