LA TRANSITION VERS UN TRANSPORT PAR BUS ZÉRO ÉMISSION EST TRÈS RAPIDE

L’implémentation est plus laborieuse

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La transition vers un transport par bus zéro émission est très rapide grâce à l'engagement des constructeurs et des opérateurs de transport. Toutefois, l’implémentation prend parfois plus de temps que prévu, en raison de la nécessité d'adapter le réseau électrique et de problèmes techniques imprévus.

Les bus représentent environ 80 % des transports publics mondiaux, a déclaré Mohamed Merghani, Secrétaire général de l'UITP à l’occasion de l’International Bus Conférence. « L'électrification du parc automobile mondial est particulièrement rapide dans le segment des bus de transport public. Il suffit de regarder en Chine, aux Pays-Bas, en Russie ou au Chili. On compte déjà plus de 450.000 bus électriques dans le monde. En 2019, nous n'en sommes plus au stade des projets pilotes, mais il est question du déploiement complet de flottes entières. Dans l’intervalle, la technologie des bus à pile à combustible et à hydrogène connaît aussi des avancées considérables. Les responsables politiques doivent se concentrer sur les défis climatiques, dans lesquels les transports publics par bus doivent jouer un rôle au sein de chaque plan national. La technologie nous aide, mais la politique doit décider et financer. »

©TPG/FabricePiraud

Innover, c’est aussi communiquer

« Une période stupéfiante s’annonce pour le transport public. Elle est incroyablement passionnante », affirme Anne Hornung-Saukup (Genève Transport). « Lors de la transition vers un transport par bus zéro émission, il est important de fournir le même service opérationnel qu’avec des bus diesel. Pour le projet TOSA, nous avons choisi des trambus dotés d'une capacité de batterie réduite, qui se rechargent à une vitesse ultra rapide en 20 secondes aux arrêts à des bornes de recharge conçues de manière élégante, qui s’intègrent bien dans le paysage urbain. L’innovation est très difficile au début, parce que de nombreux problèmes surgissent. En un rien de temps, ils font le tour des médias sociaux et des médias traditionnels et vous devez affirmer partout que le TOSA est une bonne initiative. Dans le même temps, vous devez faire en sorte que votre bus zéro émission ne soit pas non plus bloqué dans les embouteillages, parce que cela ne favorise pas la transition. De toute façon, vous devez d’abord optimaliser l’infrastructure avant d’inciter les gens à prendre le bus. Mais quoi qu’il en soit : ‘electric buses rock’. »

La période d’implémentation est beaucoup plus longue que prévu

Aux Pays-Bas, environ 10 % des 5.000 bus sont des bus zéro émission. Ils représentent à peu près 5 % des kilomètres-passagers. « Conformément à l’accord de gestion en la matière, seuls des bus zéro émission pourront être acquis à partir de 2025 et l’ensemble de la flotte devra être zéro émission d’ici 2030 », explique Guy Hermans (CROW). « Étant donné que les opérateurs de transport utilisent plus de bus zéro émission que prévu dans les appels d’offres, le transport par bus se verdit plus vite que ne le prévoyait l’accord de gestion. »

La sélection et l’aménagement d’emplacements de recharge, de même que la période d’implémentation pour un transport par bus zéro émission, prennent plus de temps que prévu initialement. C’est ce que confirme Sanne van Breukelen (Vervoerregio Amsterdam). Lors de la préparation de trois nouvelles concessions à Zaanstreek-Waterland, Amsterdam et Amstelland-Meerlanden (Schiphol), Vervoerregio Amsterdam a soigneusement évalué le coût d'exploitation (TCO) des technologies disponibles par rapport à un bus diesel.

« Nous avons sélectionné huit emplacements de recharge répartis sur dix communes, où le transporteur peut placer de 2 à 6 bornes de recharge. Parfois, le fournisseur d'énergie a indiqué qu'il faudrait deux ans pour adapter le réseau électrique en conséquence. Nous avons ouvert la voie pour le transporteur et constaté que le délai de mise en œuvre d'un an envisagé initialement était beaucoup trop court et passait facilement à 2 ans et demi parce qu’il fallait également former des mécaniciens et des chauffeurs. »

Les nouvelles formes de financement accélèrent la transition

Carsten Wiebers (KfW Ipex Bank) a expliqué que les banquiers se demandent quels risques opérationnels comporte le transport par bus électriques et comment son financement se maintient sur dix ans. « Le modèle d'investissement classique, avec uniquement des entreprises privées et des institutions publiques, doit être décortiqué. Le volet opérationnel doit être séparé de la propriété des véhicules. Nous devons nous orienter vers un modèle hybride avancé avec, d'une part, le secteur public, et d'autre part, les exploitants d'autobus privés et les propriétaires de flottes privées. Un modèle hybride permet une transition accélérée. Les pouvoirs publics paient l'opérateur privé sur la base de ses performances et prend un engagement inconditionnel vis-à-vis du propriétaire. Le gouvernement garantit les investissements des entreprises privées, qui peuvent compter sur un financement à moindre coût ».

Dans l'intervalle, on craint que les constructeurs de bus européens ne soient pas en mesure de répondre à la demande de bus zéro émission. On craint aussi que l'alimentation électrique pour l'infrastructure de recharge ne soit insuffisante. Les bus à pile à combustible et à hydrogène offrent une solution, mais leur production est limitée. Étant donné que les appels d'offres importants pour des bus zéro émission sont de plus en plus nombreux, on peut se demander si les constructeurs sont bel et bien intéressés par les petites commandes. C’est pourquoi il est suggéré de rassembler de petites commandes. Le cas échéant, pour les longs trajets, une plus grande attention devrait être accordée aux applications non électriques, telles que le bioéthanol.