BUS AU GAZ : Où faire le plein et quel est leur TCO ?

Conclusions du projet EAB

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Dans le cadre du projet flamand de bus à faibles émissions (EmissieArme Bussen = EAB), la BAAV a organisé en février un atelier sur le thème « Le gaz en tant que propulsion alternative ». Contrairement aux autres pays européens, le nombre de bus qui roulent au gaz naturel est encore faible en Belgique. Le gaz naturel offre pourtant un certain nombre d’avantages en tant que carburant.

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À l'horizon 2030, 33 % des bus devraient rouler au GNC (‘Gaz Naturel Comprimé’) en Europe.

La technologie existe déjà depuis plus de 75 ans et est totalement au point. L’utilisation du GNC comme carburant conduit à une réduction de 35 % des émissions d’oxyde d’azote (NOx) et même de 95 % des émissions de particules fines. Si le bus fonctionne au BIO-GNC, les émissions de CO² baissent de plus de 95 %. En outre, les bus fonctionnant au gaz sont 4 dB plus silencieux qu'un modèle diesel comparable.

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Source: Gas.be

GNC, GNL ou BIO-GNC ?

Le GNC est tout simplement un gaz à usage domestique, mais comprimé. Il permet une autonomie de plus de 500 km. Le GNL va encore plus loin en comprimant le gaz sous forme liquide. Actuellement, seuls des camions l'utilisent (autonomie jusqu’à 3.000 km). Le biogaz (ou Bio-GNC) est extrait de la fermentation de déchets organiques. Un quart des stations-service de gaz dans l’UE distribuent du BIO-GNC. En 2020, 0,4 milliard de m³ de BIO-GNC (=17 %) ont été vendus dans l’UE. Ce carburantréduit les émissions de gaz à effet de serre de 30 à 37 %. D’ici à 2030, quelque 12 milliards de m³ ou 40 % seront utilisés, tandis que la capacité de production totale atteindra 124 milliards de mètres cubes.

Où puis-je faire le plein de mon bus au gaz ?

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Pour éviter que l’investissement dans une propre station-service GNC ne soit un frein à l’implémentation des bus au gaz naturel, les animateurs de l’atelier ont cité l’exemple de Total. Cette enseigne propose un nouveau service pour lequel le transporteur met un certain nombre de mètres carrés de son dépôt à disposition. Total y construit, entretient et exploite une station-service GNC (avec son propre personnel) adaptée à l’entreprise de transport. Le coût de ce service global est compris dans le prix du carburant. Le contrat entre Total et l’opérateur de bus a une durée égale à celle de la concession obtenue par l’opérateur de bus. Si le contrat de transport n’est pas renouvelé, la station-service est démantelée.

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L’exploitation d’une station-service de gaz naturel ne fait pas partie des activités principales d’un transporteur. Il ne doit pas non plus supporter les frais pour le développement, la conception, les permis, … . Le transporteur peut choisir d’utiliser la station implantée sur sa propriété uniquement pour ses propres bus ou de l’ouvrir à des tiers (plus les débouchés sont importants plus le prix d’achat du gaz est bas).

Aux Pays-Bas, Total exploite 15 stations GNC chez des exploitants pour des flottes de 15 à 150 bus, dont chaque station livre 300.000 à 6.000.000 kg de gaz par an. En Belgique, Total a une station de ce type à Gand au sein de l'entreprise de collecte des déchets ménagers IVAGO.

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Les chauffeurs de bus scolaires qui rentrent chez eux avec leur véhicule et les petits exploitants d’autocars peuvent faire le plein de (BIO-)GNC auprès d’une des 150 stations-service publiques en Belgique.

Le TCO d’un bus au gaz est moins élevé que celui d’un bus diesel

Afin de comparer le coût total d’un bus au gaz avec celui d’un bus diesel (comparaison TCO), deux véhicules largement utilisés ont été choisis :

  • un bus scolaire (par exemple Iveco Daily 23 + 1 places)
  • un bus standard de 12 mètres bus (par exemple Iveco Crossway).

Pour le même véhicule, nous remarquons pour le bus au gaz un prix d’achat plus élevé et des frais d’entretien env. 25 % plus élevés, mais ces coûts sont largement compensés par le carburant meilleur marché. Le calcul du TCO se base sur un prix du gaz de 0,90 €/kg contre 1,20 €/l de diesel (hors TVA). Il ne faut pas oublier non plus qu’un bus au GNC ne consomme pas d’‘AdBlue’. Les grilles affichent le calcul.

Comparaison du diesel & GNC pour un bus scolaire (30.000 km/an)

Comparaison du diesel et GNC pour un bus de ligne (100.000 km/an)

Étude de cas : 428 bus au gaz à Lille

L’atelier de l’EAB s'est clôturé autour d'une étude de cas : les transports publics dans la région de la métropole française de Lille. Depuis février 2014, la flotte complète compte 428 bus au gaz, répartis sur trois dépôts. Tous les bus roulent maintenant au BIO-GNG et ont déjà parcouru plus de 200 millions de kilomètres.

L’intercommunale de traitement des déchets y transforme annuellement 108.000 tonnes de déchets de légumes, de fruits et de jardin en biométhane (Bio-GNC), la fraction résiduelle est du compost pour l’agriculture. Le dépôt de Sequedin (99 bus standard et 63 bus articulés) se trouve tout près de l’entreprise de traitement des déchets et consomme tous les jours 20.000 m³ de biogaz soit 220 MWh, l’équivalent de 22.000 foyers.

La qualité de l’air s’est clairement améliorée depuis la mise à la retraite du dernier bus diesel et les coûts totaux d’exploitation ont diminué.

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Conclusion


L’atelier EAB nous apprend qu’avec leurs faibles émissions, les autobus et autocars qui roulent au BIO-GNC constituent une alternative valable aux véhicules électriques. C’est d’autant plus vrai dans le cas où l’autonomie des e-bus devient problématique, par exemple pour les longues lignes régionales avec des bus articulés ou non et pour le tourisme, les bus au gaz offrent une solution abordable. La technologie a atteint sa maturité et est fiable et le nombre de stations-service de gaz augmente tous les jours. Étant donné que les bus au gaz sont traités sur un pied d’égalité avec les véhicules essence pour l’accès aux villes, les bus au gaz seront encore autorisés après 2030 dans les ZBE (Zones à basses émissions).

Lisez davantage sur l'implémentation de moyens de propulsions alternatifs:

Bus à faibles émissions

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