SE DIVERSIFIER ET PRÉPARER LA NOUVELLE SAISON

Comment les autres acteurs du secteur vivent-ils la crise ?

Les représentants, les constructeurs d’autobus et les vendeurs de véhicules d’occasion évaluent leurs activités dans le futur et s’efforcent de fournir des services un maximum orientés clients. Le but est de rester des acteurs majeurs également après la crise du coronavirus.

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Distributeur de TEMSA, DV Bus&Coach se diversifie

« En tant que distributeur des produits Temsa, DV Bus&Coach dépend de ses clients, à savoir les entreprises d’autocars », explique Elke De Belser.

« Comme ces dernières ont été contraintes de se mettre complètement à l’arrêt et de se confiner, nous avons également été obligés de fermer notre entreprise et de demander un chômage temporaire pour nos collaborateurs. Les revenus de l’entreprise ont été réduits à néant ». « Le principal défi pour les prochains mois consistera à essayer de se diversifier, afin d’élargir la vision de la notion d’autobus et d’autocar et de nous efforcer d’attirer de nouveaux projets, éventuellement dans d’autres secteurs. Nous voulons nous orienter vers différentes branches, afin de mieux pouvoir surmonter de nouvelles crises. Nous cherchons une interaction avec les exploitants d’autocars, car c’est ensemble que nous avons été lourdement frappés. Nous devrons faire preuve de flexibilité à l’égard de nos clients, mais nous demandons aussi instamment aux exploitants d’autocars, d’une part, de ne pas mettre leurs investissements en veilleuse à cause de la récente crise, parce qu"elle est également désastreuse pour les constructeurs et, d’autre part, de ne pas se limiter à un seul fournisseur, mais de donner une chance à tous les producteurs ».

Scania prêt à en sortir par la grande porte

« La capacité de livraison de Scania a de plus en plus été réduite en raison des manques de pièces et des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement et de logistique. Fin mars, il a été décidé de mettre à l’arrêt la production de Scania en Europe et peu de temps après, les autres équipements de production dans le monde entier ont connu le même sort. En avril, Scania a prudemment recommencé la production à travers le monde à un faible niveau, afin de tester notre capacité de livraison et celle de nos fournisseurs », explique Tom Van der Taelen.

« Il règne une grande incertitude quant à l’impact complet de la propagation du virus et à ses conséquences sur la demande mondiale. À la fin du premier trimestre de 2020, les carnets de commandes de poids lourds Scania avaient fondu de 27 % dans le monde par rapport à la même période de l’année dernière, avec d’importantes diminutions en Europe et en Amérique latine. Les carnets de commandes pour les autobus et les autocars et dans le segment Engines étaient un peu plus élevés et du même ordre de grandeur que durant la même période en 2019 ».

« Étant donné l’incertitude économique mondiale, il n’est pas évident de se prononcer sur l’évolution de la demande à court terme. Nous sommes très attentifs aux évolutions et nous nous concertons constamment au sujet de nos activités dans notre système de production mondial et de l’évolution des marchés. Nous sommes prêts à en sortir par la grande porte dès que l’ensemble du système industriel européen redémarrera de façon synchronisée et que la demande augmentera sur les marchés ».

Belgian Bus Sales prépare la nouvelle saison

« Nous avons été taclés en plein vol par la crise du coronavirus, alors que nos stocks étaient remplis et prêts à servir nos clients dans toute l’Europe «, affirme Nick Van der Schueren. « En temps normal, Belgian Bus Sales vend entre 35 et 40 autobus par mois. Maintenant, il y en a eu deux ou trois en avril et un seul en mai et en juin. Tous nos clients, aussi bien belges qu’européens, sont touchés. Ils n’achètent pas et veulent plutôt vendre leurs véhicules, mais le marché est amorphe. Il n’y a pas d’acheteurs, de telle sorte que notre ruche grouillante s’est transformée en panier vide.

Notre principal défi consiste à veiller à ce que le flux financier pour le paiement des frais fixes reste intact grâce à la vente de véhicules sous la valeur du stock. Nous nous efforçons ainsi de disposer d’ici fin octobre de suffisamment de liquidités pour entamer la nouvelle saison et continuer à nous motiver, nous-mêmes et notre équipe. Travailler pendant 22 ans à toute allure pour se retrouver la tête dans le mur n’est pas une perspective réjouissante. En principe, nous ne sommes pas en mesure d’aider réellement nos clients/fournisseurs, parce que nous sommes nous-mêmes en mauvaise posture. J’y ai déjà réfléchi longuement, mais je ne vois aucune solution win-win. La fidélité de nos clients dépendra de l’argent que je pourrai prévoir pour eux ».